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Terreur dans l’église

Comédie en un acte dont l’intrigue tourne autour du curé Paradis, qui n’attend que la fin des confessions pour fermer son église, rentrer au presbytère et regarder le match de hockey Canadiens-Sénateurs.

Mais la soirée du hockey prend une tournure inattendue lorsque le curé est interrompu par l’arrivée d’une succession de personnages cherchant conseil pour gérer un état de crise, chacun présentant une situation des plus saugrenues.

(Adapté de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Un personnage principal, Léon Paradis (le curé de la paroisse), entouré de nombreux personnages secondaires parmi lesquels Maria Dolasol (une adolescente enceinte), Todore Lajeunesse (un vieil alcoolique), Rachel de la Tourelle (une jeune bourgeoise hautaine) et Jack (un terroriste à la coiffure multicolore).

    « CURÉ : (À part, contrarié.) Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu? Les Sénateurs mènent deux à zéro!… Au moins, j’ai la radio dans la sacristie pour me tenir au courant. (Regardant Maria.) Ça pourrait être long… (S’approchant.) Tiens, ma petite. (Elle prend la tasse.) Cesse de pleurer; ça doit pas être si grave que ça.
    MARIA : (Hoquetant elle prend une gorgée, puis regarde le curé.) J’attends un bébé, Padre León. » (p. 16)

    « TODORE : Cré nom! Il y a bien du monde ici… Hic… Avoir su qu’il y avait un party, je serais venu de bonne heure… Hic… (Il fait quelques pas vers les jeunes.) Bonsoir… (Il rote.) Je m’appelle Todore Lajeunesse, retraité… Hic… » (p. 29)

    « RACHEL : Je me présente : Rachel de la Tourelle, dite de la Mortagne, descendante directe du sieur Eiffel lui-même, diplômée de la Sorbonne et agrégée de l’université de Rome, docteure en génie mécanique et en génie civil, experte en édifications de béton armé et inventrice des panneaux préfabriqués en polymère résistant aux secousses sismiques de 7,8 à l’échelle de Richter, et… fille unique du baron de Lahontan de la Tourelle. » (p. 39)

    « JACK : (Dirigeant son arme vers la figure du curé.) The next one is for you. » (p. 44)
     

  • Intrigue progressant rapidement grâce à des rebondissements inattendus provoqués par les entrées en scène successives des personnages secondaires.

    « MARIA : (Hors scène, côté jardin.) Padre León! Padre León! Êtes-vous là?
     CURÉ : (S’arrêtant net et criant.) Oui, je suis là, mais je m’en vais! » (p. 12)

    « ERNEST : (Hors scène.) Il y a quelqu’un?
    CURÉ : Sapristi! Encore?… On entre à n’importe quelle heure ici?… (Il crie.) On est fermé!
    ERNEST : (Toujours hors scène.) Mais non, c’est ouvert!
    CURÉ : (Criant toujours.) Je vous  dis qu’on est fermé, c’t’affaire! Avez-vous vu l’heure?
    ERNEST : (Hors scène.) Justement, je me cherche un endroit pour dormir. » (p. 21)
     

  • Trame se déroulant sur une soirée, respectant l’ordre chronologique, mais comptant quelques retours en arrière.

    « BÉATRICE : Ça fait longtemps qu’il est ici?
    MARIA : Il est arrivé à neuf heures à peu près… » (p. 63)

    « BÉATRICE : Ah! tu es enceinte! Ces hommes-là, je ne les comprendrai jamais… Tiens, moi, il y a de cela plusieurs années, j’aimais un homme… Puis, un jour, je décide de m’inscrire à l’Académie des… forces constabulaires et de devenir… euh… gendarme… Et il est parti, lui aussi… (p. 67)

    « CURÉ : Bon! (Prenant les appareils de Béatrice.) Il est temps d’aller se coucher! Il doit pas être loin de onze heures, onze heures et demie, avec tout ce remue-ménage… Si au moins les Canadiens avaient gagné! Mais non, il fallait que les Sénateurs comptent dans la dernière minute de la période supplémentaire… (Levant les yeux vers le ciel.) Seigneur! Vous devez sans doute m’aimer beaucoup pour m’éprouver ainsi un samedi soir!… » (p. 80)
     

  • Comique de gestes et de situations.

    « CURÉ : (Apeuré en voyant le revolver, il laisse tomber les couvertures.) Môman! (Il se met à marcher en rond en tremblant.) Môman! viens chercher ton petit Léon! (Jack tire un coup dans les airs.) Ayoye! (Simultanément, le curé se jette à terre, la tête enfouie dans les mains, Todore fait entendre un grognement et se retourne, tandis qu’Ernest se lève en sursaut.) » (p. 38) 

    « TODORE : C’est ma femme qui a perdu la tête!
    AMANDA : La tête? Ah! J’ai perdu la tête, mon Todore? (Elle s’approche de son mari.) Je vais te montrer, moi, qui va perdre la tête! (Elle s’élance pour le frapper, mais Todore se penche; elle le rate et pivote sur elle-même. Todore se retrouve derrière elle : il l’immobilise de ses deux bras.)
    TODORE : Je l’ai! » (p. 58)

    « Puis le curé traverse la scène suspendu au bout de la corde, comme le fait Tarzan pour se déplacer d’un arbre à l’autre à l’aide d’une liane… » (p. 60)
     

  • Thèmes d’intérêt pour le lectorat visé (p. ex., grossesse à l’adolescence, kidnapping) présentés sur un fond d’humour.

    « CURÉ : (Abasourdi.) Quoi? Tu es enceinte? Comment tu as fait ça?… Non, laisse faire, qu’est-ce que je dis là?… (Après un moment.) Es-tu certaine que tu es enceinte? (Maria fait signe que oui.) Est-ce que c’est Pierre le père? (Même jeu.) Est-ce qu’il le sait? (Même jeu.) Comment a-t-il pris ça? (p. 16)

    « RACHEL : Il m’a enlevée au sortir de mon bureau, puis nous nous sommes promenés en voiture pendant un bon bout de temps. Enfin, il s’est arrêté ici. Je crois qu’il veut une rançon, mais je n’en suis pas certaine. » (p. 40)

Langue

  • Registre courant dans les didascalies; registre courant et familier (p. ex., omission de la particule négative « ne », expressions orales) dans les dialogues.

    « Une vieille femme, assez grassouillette, sort du confessionnal par une porte latérale. Elle est vêtue d’une robe usée lui allant aux chevilles, d’un tricot ajusté et boutonné jusqu'au cou et elle porte des souliers orthopédiques. » (p. 8)

    « CURÉ : (Parlant fort.) Et n’oubliez pas, madame Lajeunesse, essayez de comprendre votre mari… La chair est faible. » (p. 8)

    « TODORE : C’est pas la boisson, c’t’affaire! Ce sont vos maudits cris qui m’ont cassé les oreilles! » (p. 52) 
     

  • Vocabulaire de base; figures de style simples (p. ex., métaphore, comparaison); répliques en anglais caractérisant le personnage de Jack.

    « ERNEST : Il est toujours bête comme ça, ton…?
    MARIA : Padre León? Oui, c’est son ton naturel, mais dessous cette façade de bourru, c’est vraiment un gentil petit ourson en peluche. Tu verras. » (p. 23)

    « Au même moment, on entend le curé crier comme Tarzan. » (p. 60)

    « JACK : (Fier, se pointant du doigt.) She’s a journalist! She came for my story! » (p. 62)
     

  • Touches d’humour, pointes ironiques, comique de mots.

    « CURÉ : (Fâché) Écoute, ma petite Maria, j’ai pas rien que ça à faire, moi, écouter les gens! J’ai d’autres chats à fouetter, tu sais!
    MARIA : (Qui ne comprend pas.) Vous avez des chats, Padre León? » (p. 12)

    « CURÉ : (Entrant.) Criez donc plus fort! Après tout, on n’est pas dans une église ici! C’est un terminus d’autobus!… Non, non, ne vous gênez pas pour moi; ça fait à peine dix minutes que vous vous connaissez, puis déjà vous vous disputez comme de vieux mariés… » (p. 25)

    « RACHEL : Bien oui, bien oui, on a compris… Vous n’êtes pas obligé de crier, énergumène de la plus basse espèce, escogriffe aux dents de chimpanzé! » (p. 36)
     

  • Quelques notes explicatives ou directives en pied de page.

    « MARIA : (Entrant) Mais Padre León, il faut que vous m’écoutez4, ça presse beaucoup!
    4. L’emploi de l’indicatif ici est voulu et sert à montrer que Maria ne maîtrise pas tout à fait la langue française. » (p. 12)

    « MARIA : Santa Maria! non! Tu devrais venir le dimanche à la  "grande7"-messe, tu verrais tout le monde qui prie, qui chante qui écoute ses sermons et qui se recueille.
    7. Ici, il faut prononcer GRANNNDE, en ne nasalisant pas le "AN" et en prononçant le "N"; ne pas oublier le "R" roulé. » (p. 23)

Référent(s) culturel(s)

  • Références à la francophonie canadienne et internationale : René Lecavalier, match de hockey Canadiens-Sénateurs, Francis Cabrel.

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à monter l’une des scènes préférées de la pièce à l’aide des notes de mise en scène et des directives pour le décor.
  • Inviter les élèves à réfléchir sur la réplique suivante :
    « CURÉ : (Se dégageant de Jack. À Maria.) Explique-lui, s’il te plaît; moi, il me fatigue! On dirait que c’est toujours nous autres, les Francos, qui devons apprendre leur langue pour faire un pays bilingue! (Maria, en chuchotant, explique à Jack ce qui se passe.) » (p. 45).
  • Demander aux élèves de trouver les ressorts comiques de la pièce.

Conseils d'utilisation

  • Proposer cette pièce de théâtre en un acte particulièrement aux élèves qui éprouvent plus de difficulté à lire compte tenu de la simplicité du vocabulaire et du déroulement rapide et comique de l’intrigue. 
  • Faire une mise en situation à l’aide du prologue, du synopsis et de la liste explicative des personnages.
  • Tenir compte du fait que la pièce traite de sujets délicats (p. ex., grossesse à l’adolescence, terrorisme, alcoolisme, préjugés vis-à-vis d'un jeune punk), qu’elle se passe dans une église et qu’on fait de nombreuses allusions à la religion catholique, mais que le tout est présenté dans un contexte de comédie.
  • Expliquer le sens de l’expression « Syndrome de Stockholm » auquel on fait allusion dans la pièce.