Anatomie de la fiche Anatomie interactive
Ajouter au bac de lecture

Les petites heures qui s’avancent en riant

Les petites heures qui s'avancent en riant est le premier livre de Gilles Lacombe qui ne soit ni manuscrit, ni illustré, son premier véritable recueil de poésie. L'auteur y raconte l'histoire d'un personnage qui voyage du JE au TU, au ELLE, et se dérobe dans des paysages mexicains et d'ici comme pour mieux s'enraciner dans les paradoxes du temps et dans ceux de la simplicité intempestive.

À propos du livre

Contenu

  • Pronoms « je », « tu », « elle » et « nous » identifiant généralement les personnages.

    « elle était appuyée à la balustrade,
    […]
    je traduisais ainsi son nom :

    Anne gracieuse. » (p. 25)

    « tu dors la tête sous les draps » (p. 30)

    « que nous rêvons ensemble, patiemment,
    chacun de notre côté, à des paysages » (p. 30)
     

  • Narrateur participant, omniscient et témoin, rendant l’œuvre plus complexe. Le narrateur s’adresse parfois à « elle », parle parfois d’elle, parfois de lui-même.

    « tu me parles du film que tu as vu hier soir, » (p. 33)

    « elle portait aux yeux
    de blanches cicatrices guerrières, » (p. 34)
     

  • Poèmes de longueurs variables, sans titres, mais numérotés. Les personnages se situent aussi bien au Mexique qu’à Ottawa.

    « le soir, dans la Côte de Sable, autour des ambassades.
    les fenêtres dorées.     le bonheur énigmatique. » (p. 19)

    « Oaxaca,
    où la transparence est une dorure » (p. 73)

  • Univers créés où se croisent le réel et l’imaginaire, l’abstrait et le concret.

    « de l’attente d’une parade
    et de la lenteur du temps, » (p. 28)
     

  • Poèmes sollicitant les cinq sens et évoquant une certaine sensualité.

    « sa robe,
    aspirée par le vent,
    vaporeuse,
    se dérobait entre les mailles,
    la dénudait,
    l’auréolait,
    sur le balcon
    de l’auberge du papillon qui danse. » (p. 25)

    « le bras autour de mes épaules,
    elle me parlait de la rigueur du vent,
    et de l’odeur du camphre, » (p. 28)

    « et je regarde ta main dénudée qui enrobe
    et déshabille la tasse de thé. » (p. 32)

    « et les dalles d’herbe dansante des mandolines du dimanche. » (p. 36) 

Langue

  • Registre de langue soutenu dans l’ensemble du recueil ainsi que quelques expressions familières.

    « la vie est une beurrée de marde » (p. 19)

    « alors je déparle en grand, » (p. 21)
     

  • Vocabulaire parfois recherché ajoutant à la complexité de l'oeuvre.

    « la terre saigne des odeurs de plain-chant. » (p. 46)

    « c’était ma fille,
    elle était belle comme amaurose. » (p. 68)

    « navire tournant sur ses appuis comme une bille,
    derviche de nos doigts danseurs. » (p. 71)
     

  • Vastes champs lexicaux évocateurs des nombreux thèmes présents dans l’œuvre (p. ex., amour, mot, image, passage du temps, violence).
  • Poèmes sans forme fixe, aux strophes irrégulières et à la ponctuation inusitée où la majuscule apparaît parfois au début d’une strophe.

    « Tierce sonnera dans quelques instants » (p. 48)

    « on regarde comme une prière,
    une chapelle ardente » (p. 50)
     

  • Variété de procédés stylistiques et rhétoriques ajoutant à l’essence et à la complexité du recueil (p. ex., sonorité des vers, images créées).

    « elle est assise au milieu de sa jupe
    comme dans une mare de sang, » (p. 39)

    « fragiles et frêles lanternes japonaises,
    tremblotantes
    dans l’ancienne nuit guerrière.
    […]
    fragiles et frêles connaissances,
    mirages,
    de l’ancienne nuit guerrière. » (p. 44)

Pistes d'exploitation

  • Mentionner aux élèves que le poète est aussi peintre. Présenter certains des tableaux de l’artiste puis demander aux élèves d’écrire un poème inspiré de l’un de ces tableaux.
  • Inviter les élèves à relever les mots, expressions ou passages qui soutiennent un thème majeur (p. ex., l’amour, le passage du temps, le mot, l’image, la tempête, la nature, le viol). Leur demander ensuite de les écrire sur de grands cartons pour faire un mur de mots à réinvestir dans leurs futures rédactions. 
  • Présenter aux élèves d’autres livres de Gilles Lacombe, illustrés ou manuscrits. Inviter les élèves à relever quelques images créées par le poète et à les représenter de différentes façons (p. ex., photographie, dessin, peinture).

Conseils d'utilisation

  • Préparer les élèves, avant la lecture des poèmes, à la violence parfois voilée, parfois choquante qu’on y trouve.
  • Accorder beaucoup de temps en classe à la lecture et à la relecture des poèmes et permettre aux élèves de présenter leurs propres interprétations ainsi que les sentiments suscités par ces lectures pour faciliter la compréhension des poèmes tant au niveau du fond que de la forme.