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Les contes de la chatte rouge

Lila, petite fille du Pays-d’En-Bas, habite un beau château. Sa mère a été enlevée par la Chatte Rouge, qui a emporté aussi toutes les histoires. Lila part à la recherche de cette mystérieuse mère. Des créatures fabuleuses l’aideront dans cette quête pleine d’embûches et de surprises.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, Lila, jeune fille astucieuse, déterminée à retrouver sa mère mystérieusement disparue, et la Chatte Rouge, puissante magicienne qui a jeté un sort sur le royaume; plusieurs personnages secondaires dont Maître Lemire, conseiller du Roi, qui a involontairement montré à Lila la porte par laquelle sa mère est disparue, Aragne, tisseuse qui raconte à Lila une partie de son histoire, Godran, un dragon qui vient en aide à Lila, la Princesse Émimore, mère de Lila, et Ama, nourrice et gouvernante de Lila.

    « IL ÉTAIT UNE FOIS, dans un grand château du Pays-d’En-Bas, une petite fille très curieuse, et qui s’appelait Lila. Comme le lilas, mais sans S. C’était peut-être parce qu’elle avait les yeux d’un bleu tirant sur le mauve, comme les fleurs des lilas qui poussaient tout autour du château. Pour le reste, elle ne ressemblait pas tellement à une fleur : elle avait des taches de rousseur en confettis sur le bout du nez, et des cheveux roux, brillants et frisés comme de fins tire-bouchons de cuivre. » (p. 5)

    « Ama avait été la nourrice de Lila, avant d’être sa gouvernante. Elle sentait toujours bon le pain d’épices, elle avait des cheveux gris, une figure rose et ridée, elle était ample et douce. C’était elle qui consolait Lila quand Lila tombait ou faisait un cauchemar; le matin, elle l’habillait, la coiffait, la faisait manger; dans la journée elle jouait ou allait se promener avec elle; le soir, après le dîner, elle lui faisait ses nattes (tant bien que mal) et la mettait au lit. Mais elle ne lui chantait jamais de chansons, elle ne lui racontait jamais d’histoires, et Lila savait qu’Ama n’était pas sa mère. » (p. 7)

    « Au premier coup d’œil, on aurait dit une femme humaine. Elle se tenait debout, les bras croisés, la tête un peu penchée sur le côté, dans l’embrasure de la porte – et alors on se rendait compte que ce n’était pas une vraie femme, car elle était presque aussi haute que la porte, et large en proportion. Et surtout, la simple robe tunique violette qu’elle portait découvrait ses bras et une partie de ses épaules, et sa peau était d’un rouge écarlate profond – et non pas de la peau mais une fourrure, rase et veloutée. Alors, on comprenait que les deux petites pointes sur sa tête n’étaient point une coiffure, mais des oreilles. Elle avait aussi un large nez court aux narines roses, et de grands yeux en amande d’un vert mordoré, presque jaune, à la pupille verticale. Et au-dessus de ses yeux, comme de chaque côté de son nez, se dressaient de longs poils vibrants, très fins. » (p. 132)
     

  • Histoire empreinte de merveilleux et de magie mettant en scène des personnages fantastiques; œuvre pouvant intéresser le lectorat visé de par les thèmes exploités (p. ex., entraide, mystère, pouvoir surnaturel, magie, dragon, imaginaire, prise de décision, choix, aventure).
  • Texte séparé en vingt-six chapitres numérotés mais non titrés; mise en page simple; quatrième de couverture donnant une brève biographie de l’auteure et un aperçu de la quête de Lila; aucune table des matières; texte entrecoupé de quelques illustrations en noir et blanc représentant certains moments stratégiques et contribuant à la vraisemblance des personnages et des lieux; présence d’éléments graphiques facilitant l’interprétation de l’œuvre (p. ex., lettres majuscules, parenthèses, guillemets, caractères italiques, traits d’union).

    « AU TEMPS DES COMMENCEMENTS (dit Aragne en filant), il n’y avait pas grand-chose. Il y avait bien le ciel et la terre, l’eau et le feu, le soir et le matin, mais il manquait encore tout ce qui sépare le matin du soir, le feu de l’eau, et la terre du ciel.
    ("La Chatte Rouge était là au temps des commencements? " dit Lila, impressionnée.
    "Je t’ai dit que c’est une magicienne très puissante.")
    Et donc (continua Aragne en filant toujours), plusieurs familles avaient été chargées de fabriquer ce qui manquait. Dans ma famille, on s’occupait de relier le matin et le soir. C’est tout un travail, je t’assure. Ce n’est pas comme s’il n’y avait qu’un seul matin et un seul soir : il y en a tous les jours! Et ils sont tous différents! » (p. 61)

    « Mais si l’escalier bleu suivait plus ou moins l’une des lignes tracées à travers le cercle par Maître Lemire, il devait y avoir un moment où c’était tellement en bas que ça redevenait en haut : quand on avait dépassé le centre. Au lieu de descendre l’escalier, on devait le remonter. Sauf que la ligne tracée par Maître Lemire était une ligne droite, et donc les marches de l’escalier devaient continuer à descendre. En fait, si l’escalier magique annulait l’attraction de l’aimant central qui déterminait le haut et le bas, comment savait-on quand on remontait? » (p. 83)

    « Et Lila pouvait fredonner en même temps, Lila se rappelait la chanson! Et elle se rappelait la voix aussi : c’était la voix de sa mère!
    Elle tendit la main vers une autre bulle, qui éclata en chantant joyeusement, avec la voix d’Ama :
    C’est dans le mois de-e-Mai
    En montant la riviè-è-re
    C’est dans le mois de-e-Mai
    Que les filles sont be-e-lles » (p. 130)

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; emploi de mots familiers et de mots ne faisant pas partie du langage oral des élèves mais que le contexte permet de définir (p. ex., gonds, irisation, marquisats, poisseux, incurvé, ébène, lapis-lazuli).

    « Lila tendit la main qui tenait le petit bout de queue, et toucha le dragon invisible.
    À peine l’eut-elle touché que le petit morceau de queue disparut et que la peau vert doré du dragon commença à se reconstituer de proche en proche – ça allait presque aussi vite que la mousse lumineuse! Une patte se dessina, et une épaule, et le ventre, et l’autre patte et une aile et le cou et la tête…
    Le dragon se mit à rire de joie en se passant une patte devant les yeux pour en déplier les griffes une à une. Puis il s’étira comme un chat, mais sans y arriver tout à fait parce que son dos touchait le plafond. Enfin, son énorme tête se tourna vers Lila, qui s’était collée à une paroi, quand même un peu inquiète. Il avait de beaux yeux dorés, grands comme des soucoupes, qui observèrent Lila un moment. » (p. 99) 
     

  • Texte contenant une variété de types et de formes de phrases qui avivent la lecture; phrases parfois longues et complexes pouvant servir à l’enseignement explicite des manipulations linguistiques. 

    « Cette nuit-là, Lila ne dormit pas beaucoup. Il ne fallait pas parler de sa mère – et elle n’avait jamais entendu parler de la fille du Roi! Sa mère, qui était partie, avait les cheveux roux! La fille du Roi, Émimore, qui avait été enlevée par la Chatte Rouge, avait les cheveux roux! Il n’y avait pas trente-six conclusions à en tirer! Sa mère était la fille du Roi! Le Roi était son grand-père! Mais pourquoi ne lui avait-on rien dit? Pourquoi ne fallait-il pas en parler? Pourquoi la Chatte Rouge avait-elle jeté un sort, emporté les histoires et enlevé la fille du Roi qui était la mère de Lila? Pourquoi avait-elle laissé la fausse porte plutôt que rien du tout? S’il y avait un passage derrière, qui menait chez la Chatte Rouge, sûrement, on l’aurait déjà trouvé? Et même si on ne l’avait pas trouvé, n’y avait-il pas quand même un moyen de l’ouvrir, cette fausse porte? » (p. 32)

    « Les bulles se pressaient maintenant autour d’elle comme des oiseaux qui veulent du pain, et elle se mit à remuer les bras en riant tandis que les bulles petites et grosses éclataient en chantant au contact de ses mains, avec des voix que Lila reconnaissait ou des voix qu’elle ne connaissait pas, des voix de femmes, et d’hommes, et d’enfants, et plus il en éclatait, plus il en arrivait de nouvelles, Lila n’avait pas imaginé qu’il y avait tellement de chansons dans le royaume! » (p. 130)
     

  • Nombreuses figures de style (p. ex., énumérations, comparaisons) qui ajoutent à la richesse du texte.

    « Et bien d’autres choses que Lila se rappelait à mesure qu’elle les sortait du coffre, des choses précieuses trop bien rangées et jamais retrouvées : les jolis cailloux colorés ramassés au bord du chemin, la châtaigne toute lisse dans sa coque vert amande toute piquante, la plume de pie noir et blanc, le trèfle à quatre feuilles… » (p. 45-46)

    « Et quand Lila fut bien à son aise aussi, assise dans un repli de la queue du dragon comme dans un fauteuil, il toussota deux ou trois fois et commença son histoire. » (p. 101)
     

  • Séquences descriptives très nombreuses qui apportent des précisions sur les événements et les personnages et permettent de se situer dans le temps et le lieu de l’action.

    « QUAND LE VIEUX ROI et toute la maisonnée virent que la Princesse était revenue avec Lila, ce furent des embrassades et des réjouissances à n’en plus finir. Dans sa joie d’avoir retrouvé la fille et la petite-fille qu’il avait crues perdues à jamais (car il s’était passé trois mois depuis la disparition de Lila), et dans son repentir pour toutes ses folies (car la mémoire lui était revenue, comme à tout le monde), le vieux Roi voulait promulguer un édit déclarant que la Princesse lui succédait immédiatement sur le trône, mais la Princesse le persuada d’attendre un peu, le temps qu’elle puisse parler avec ses sœurs, et les convaincre de parler aux Princes leurs maris, qui parleraient aux Rois leurs pères. » (p. 184)
     

  • Séquences dialoguées qui permettent de préciser et de mieux comprendre la relation entre les personnages.

    « "Voilà toute l’histoire, Lila, dit le dragon, qu’en penses-tu?
    – La Chatte Rouge est très, très méchante! s’écria Lila, les larmes aux yeux. Elle m’a pris ma mère, et elle a pris tous les petits enfants à venir, et elle a pris les histoires et les chansons. Elle a puni tout le monde, même les gens qui ne lui avaient rien fait, alors qu’elle avait sûrement fait exprès de faire naître une fille au lieu d’un garçon, juste pour jouer un tour au vieux Roi!
    – Pour les histoires et les chansons, dit le dragon comme à regret, je ne sais pas si elle l’a vraiment voulu ainsi. C’était plutôt… un effet secondaire du sort qu’elle a jeté. Les histoires sont comme les chansons, des liens entre le passé et l’avenir : elles passent de génération en génération. Et elles ne sont pas vraiment matérielles : elles n’existent que par les voix qui les racontent ou les chantent… » (p. 122-123)

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à former des équipes de deux et à choisir une séquence descriptive de l’oeuvre qu’ils ont particulièrement appréciée. Leur proposer d’illustrer cette séquence en utilisant une technique de leur choix (p. ex., dessin au fusain, hachure, pointillé). Permettre aux élèves d’exposer leur création.
  • En groupe-classe, inviter les élèves à dresser la liste de tous les personnages de ce récit fantastique et de faire une description orale de chacun. Former de petites équipes et proposer aux élèves de rédiger un récit fantastique en choisissant deux des personnages de la liste et en y incluant d’autres personnages de leur choix. Par la suite, inviter les élèves à présenter leur récit à une autre classe de l’école.
  • À un cercle d’idées, inviter les élèves à faire part d’une expérience vécue où ils ont eu des obstacles à surmonter ou un défi à relever, à la lueur de l’expérience de Lila. Former ensuite des équipes et demander aux élèves de mettre en scène (p. ex., saynète, chanson, tableau vivant, dialogue) une histoire tirée de leur vécu ressemblant à la situation de collaboration et de courage présentée dans l’œuvre.

 

Conseils d'utilisation

  • Revoir les caractéristiques du récit fantastique pour en faciliter la rédaction, telle que proposée dans les pistes d’exploitation.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 4e à 8e année, Série : Les contes du monde entier, divers épisodes.