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Le plus bel amour du monde

L’histoire d’un amour, telle que je la raconte, n’est pas l’histoire d’une vie, ni celle de deux vies. C’est plutôt la ligne de confluence de deux vies, la description de l’endroit et de l’instant où elles se touchent et se joignent. S’aimer, c’est se connaître, c’est apprendre à se connaître et à vivre ensemble. Et c’est ce que nous avons fait. Nous avons aussi choisi, dès le début, de donner à notre vie à deux la forme d’un livre d’images, à travers l’exploration des beautés de la terre. Notre amour, c’est le grand voyage de la vie, marqué par de nombreux voyages dans les plus beaux coins de la planète.

En nous rencontrant, Micheline et moi, nous nous sommes engagés dans une aventure magnifique : vivre ensemble, découvrir le monde ensemble, avec appétit, toujours librement, toujours côte à côte, entremêlant nos destins. Je souris profondément à ces quarante années, à cette vie qui a pris la forme d’une double vie. Nous avons vécu des choses intéressantes, passionnantes, des instants magiques. Nous en avons fait une longue histoire d’amour. Et chaque amour est le plus bel amour du monde.  

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Récit autobiographique, accompagné de lettres, reflétant 40 ans d’un amour conjugal enrichi par d’innombrables voyages aux quatre coins du monde.

    « Micheline me fit tout de suite belle impression. Une forte impression. Pour quelqu’un qui n’avait pas dix-huit ans, elle affichait une personnalité remarquable. Elle avait été grande lauréate d’un concours ontarien de français. Toute jeune, douce, intelligente, alerte, vive, un soupçon de timidité dont on pouvait se méfier, un grand goût de vivre. » (p. 13)

    « La chaleur de la chair canadienne attire toutes les bibites de Badalabougou (la case au bord de l’eau, en langue bambara). Je t’aime. C’est affreux de n’être pas avec toi, de ne pas regarder avec toi les îles vertes mangées par le Niger, les bestioles au jardin zoologique de la ville, le souk (marché). » (p. 100)

    « Je souris profondément à ces quarante années, à cette vie qui a pris la forme d’une double vie. Que serions-nous devenus l’un sans l’autre, si nous ne nous étions pas rencontrés? Nous nous serions débrouillés différemment, bien sûr. En combinant nos vies, nous avons vécu des choses intéressantes, passionnantes, des instants magiques, qui ont fait de nous ce que nous sommes. Nous en avons fait une longue histoire d’amour. » (p. 209)
     

  • Point de vue narratif double, celui de l’auteur et celui de son épouse qui, grâce notamment au discours direct rapporté, à des interventions et à des lettres, précise le portrait du couple.

    « Je rentre chez moi, encore remué par cette rencontre imprévue. Quelque chose s’est produit. Quelque chose d’important. J’essaie d’y voir clair. Je pense à ce qui s’est passé. » (p. 14)

    « De son côté, Micheline aussi avait ses propres aspirations, qu’elle raconte ainsi :
    Moi, je rêve de liberté, d’aller au-delà de l’horizon, d’explorer les merveilles de la terre, de goûter à tout ce que la vie peut nous offrir. Je veux ne rien perdre, tout voir, tout apprendre, tout comprendre, vivre au bout, au-delà de mes limites. Comme j’ai soif d’espace! Le milieu dans lequel j’ai grandi me semble si étroit, si restreignant. » (p. 19)

    « 16 juillet
    […] Avec toi, je me sens vraiment dans mon élément naturel. Si j’ai envie de danser, je danse; chanter, je chante sans que ta présence me mette mal à l’aise. » (p. 102-103)
     

  • Séquences textuelles abondantes présentant entre autres le contexte sociohistorique et les nombreux déplacements entrepris par l’auteur et sa compagne.

    « Les carrières communément offertes aux femmes à l’époque (enseignante, religieuse, infirmière, épouse, mère de famille) ne l’attiraient pas, elle voulait autre chose. » (p. 11)

    « Le budget de Micheline était encore plus maigre. Durant sa première année à l’université, ses revenus se chiffraient à 1 300$. La moitié servait à couvrir les frais de scolarité et de résidence, lui laissant, par mois, cinquante dollars pour la nourriture et douze dollars pour les autres dépenses. » (p. 12)

    « Le rythme de notre vie a aussitôt changé, et pas seulement à cause du nouveau travail. Comparée à Ottawa ou à Montréal, Buenos Aires était vraiment une grande capitale, démesurée, riche de densité humaine, d’activités, de rencontres. J’avais passé mon enfance dans un faubourg de la ville, mais elle avait grossi et je la voyais maintenant avec des yeux d’adulte. Tout un monde à explorer, à découvrir. Une expérience vitale, pour Micheline et pour moi. » (p. 168)
     

  • Récit divisé en 18 chapitres titrés suivant l’ordre chronologique, mais avec quelques retours en arrière et de nombreuses ellipses de temps; évocation d’événements et de rencontres le plus souvent datés, permettant de bien les situer dans le temps. 

    « Commençons par la genèse de la rencontre. Durant ma première année à l’Université d’Ottawa, en 1965, à la faculté des Sciences sociales, je m’entendais bien avec une camarade, Georgette, qui venait du nord de l’Ontario. » (p. 10)

    « En 1943, la loi française accordait la nationalité en vertu du sang. Mes parents n’étant pas français, je n’avais pas reçu la nationalité française. » (p. 66)

    « Nous voici à Ottawa depuis cinq ans. […] De 1987 à 1992, elle a suivi le dossier Japon de près, montrant clairement son intérêt pour cette affectation. » (p. 195)
     

  • Photos, en noir et blanc, regroupées en trois séries de quatre pages, illustrant divers moments-clés de la vie de l’auteur et de sa femme.

Langue

  • Registre de langue courant et accessible au lectorat visé.

    « Deux jours après mon retour de Winnipeg, je dois me rendre à Toronto pour participer à une conférence de l’Union des étudiants ontariens au Collège Glendon. Micheline ne m’accompagne pas. Je me suis si bien habitué à la voir chaque jour qu’elle me manque. Je lui fais donc une place en moi :
    Toronto est là, sans toi, mais regarde, vois la ville à travers mes yeux. Moi, je regarde avidement, comme toujours. J’ai pourtant un sentiment nouveau : je ne suis pas avec toi et ton absence chagrine le paysage. » (p. 55)
     

  • Écriture souvent poétique; nombreuses figures de style (p. ex., énumération, métaphore, répétition), tons variés (p. ex., lyrique, émouvant, neutre) témoignant de la facilité avec laquelle l’auteur manie la langue. 

    « Là-bas, c’est des pays, des jungles, des rivières, des déserts, c’est le cri des forêts, c’est le chant de la terre dont j’ai choisi d’être l’amant, et c’est des villes aussi, pleines de lumières, des villes de fer, de béton, la dureté des gens et leur douceur, et le monde, et la joie de vivre comme une flamme. Une flamme qui s’éteindra bien un jour, je sais, mais quelle beauté! » (p. 16) 

    « Ta peau est une tendresse où fleurissent des nuages, des poèmes qu’on place tout de suite dans nos cœurs. Chaque voyage que j’ai fait, chaque passion que j’ai voulue, chaque désir que j’ai vécu, tout s’est collé à ma chair et je vois après chaque été combien mon visage a durci. » (p. 17)

    « Je commence aussitôt, le 1er juin, la rédaction d’un second roman, Encore faim. Je garde le même rythme, écrivant à peu près chaque jour pendant une heure ou deux, comme à Mazatlán, à la différence près que cet ouvrage sera écrit dans une quinzaine de villes différentes. » (p. 150)
     

  • Vocabulaire courant, mais précis; champs lexicaux et sémantiques surtout liés aux thèmes de l’amour, de la vie et de la vocation d’écrivain.

    « Dans ce bilan d’étape, je mets au premier plan le déroulement de mon histoire d’amour. C'est-à-dire, Micheline. À la façon d’un arbre, c’est un amour qui a changé, qui a grandi, qui a de bonnes branches, de bonnes racines, et donne toujours des fleurs et des fruits. Quand je le regarde, étalé sur tant d’années, je me dis que je n’en aurais pas voulu un autre.
    Il s’agit de danser avec la vie. La prendre dans ses bras et plonger dans la musique. On peut parfois trébucher, se tromper de pas, c’est sans importance. Dansons! Toute existence est une suite d’échecs et de succès. […] On est la somme de ce qu’on a fait et de ce qu’on n’a pas fait. […] La vie continue, je l’aime, je voudrais qu’elle dure encore longtemps. » (p. 204)

    « Ma vocation d’écrivain a commencé quand j’avais quinze ans. Je savais que j’allais toujours écrire. Je ne tenais pas particulièrement à vivre de ma plume, l’idée même ne m’attirait pas, je cherchais surtout à vivre le plus de choses possible, mais je voulais produire une œuvre, une œuvre littéraire. Et écrire uniquement ce que je voulais, tout ce que je voulais, quand je le voulais. C’est ce que j’ai fait, que je continue de faire. » (p. 205)

Référent(s) culturel(s)

  • Innombrables référents de la francophonie canadienne et internationale parmi lesquels des lieux (p. ex., Ottawa, Bamako), des écrivains (p. ex., Paul Éluard, André Malraux) et des journaux (p. ex., La Rotonde, Le Droit).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves une discussion sur les thèmes développés par l’auteur dans l’ensemble de son œuvre (p. ex., vivre sa vie selon ses aspirations, vivre sa vie avec les autres) et présentés aux pages 205 et 206.
  • Demander aux élèves de dresser le portrait de l’auteur en se basant sur des renseignements tirés de l’autobiographie.
  • Inviter les élèves à établir un budget en prévision d’une année d’études postsecondaires; à titre d’exemple, leur suggérer de consulter le budget de Jean-François présenté à la page 12 du récit.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, présenter brièvement l’auteur Jean-François Somain à la classe.
  • Au cours de la lecture, prévoir une discussion sur un sujet délicat abordé dans l’œuvre : les relations sexuelles entre un adulte et une personne de moins de 18 ans.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Ecce homo, L’amour.