Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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Déjà l’automne

Catherine Lemieux déborde d’énergie malgré ses soixante-dix ans. Elle vit avec son mari Jack dans une grande maison au bout du village. Catherine a beaucoup de loisirs maintenant que les enfants ont déserté la maison. Elle rêve de laisser quelque chose de tangible aux siens, surtout à sa favorite, sa chère petite-fille Émilie.

Elle y réfléchit depuis déjà longtemps lorsqu’un jour, en voyant arriver son mari pour le souper, une bonne idée s’impose soudain à son esprit. Voilà! Je ne cherche plus! Je vais lui raconter ce qui nous a marqués dans la vie, son grand-père et moi.

Nous avons vécu les années de la Crise où le seul lieu de travail, pour la plupart des jeunes gens, était la forêt. C’est aussi là que Jack a rencontré mon frère Jean, dont l’amitié a changé le cours de son existence, et ma vie aussi…

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, Catherine, et personnages secondaires bien définis par leur description et les relations qu’ils entretiennent entre eux.

    « Comme les gens qui, à la guerre, ont partagé les mêmes angoisses et qui deviennent comme des frères, il en était ainsi de Jack et de Jean. » (p. 52)

    « En effet, c’était un cœur farouche, épris de liberté. Mais, en voyant Catherine si belle, si fraîche, comme l’eau d’une source, il perdit un peu de son assurance et se dit : "P’t’être qu’il y a autre chose que la vie en forêt, après tout…" » (p. 57)
     

  • Évolution marquée du personnage principal au fil des événements relatés dans le récit.

    « J’ai hérité de valeurs qui me suivent encore : l’amour de la nature, la fidélité dans mes affections, la joie du travail bien fait, l’accueil chaleureux des parents et des amis, l’acceptation des autres sans vouloir les changer et… la foi sereine. » (p. 104)
     

  • Chronique familiale constituée d’un long retour en arrière qui s’étale sur une cinquantaine d’années et qui suit un ordre chronologique à partir des années 1930.

    « Ces événements se passaient entre 1929 et 1939. C’était un temps dur, une époque démoralisante, la plus triste de l’histoire de notre pays. » (p. 11)

    « D’un pas alerte, Catherine avançait joyeusement vers la quarantaine. De son côté, Jack avait acquis un certain charme et beaucoup d’élégance. » (p. 85)

    « La vie s’écoulait agréablement, mais une autre malchance les attendait. » (p. 91)
     

  • Narrateur omniscient.

    « Partout dans le rang, les animaux et les gens étaient au repos. Catherine avait l’impression de les entendre dormir. […]
    En voyant venir les amoureux, la main dans la main, elle comprit vite… » (p. 76)

Langue

  • Registre courant pour la narration et registre familier et parfois populaire pour certains dialogues, représentatifs de l’époque.

    « – Crains pas pour moi, dit le bon père Fred. J’ai ma femme et mes enfants qui m’attendent à la maison. Je veux m’acheter un cheval. Je n’arrêterai pas dans les hôtels. » (p. 38)

    « – Un tel est ben malade. Jos a vendu sa terre; j’pense qu’y va au village. Cou’don! Savais-tu qu’Hector marie son gars? J’cré qu’y va y donner sa terre. » (p. 58)

    « Alors la maison se vida; une à une s’éteignaient les lampes et, peu à peu, la demeure fut enveloppée d’un silence de rêve. » (p. 70)
     

  • Plusieurs procédés syntaxiques et stylistiques (p. ex., comparaison, énumération, personnification).

    « Pourtant, elle était toujours jolie, avec ses pommettes fiévreuses et ses yeux noirs qui brillaient comme deux étoiles dans la nuit… » (p. 30)

    « Fermer les yeux, se recueillir pour la prière, livrer l’âme à l’ange son frère, dormir pour s’éveiller aux cieux. » (p. 33)

    « La matinée commença bien, mais soudain, un vent féroce venu du nord vint mordre les joues et faire pleurer les yeux des draveurs. » (p. 47)

    « L’hiver allait être long pour l’absence, mais court par l’espoir. » (p. 71)
     

  • Nombreuses séquences explicatives pour faire comprendre les us et coutumes de l’époque.

    « Le dimanche midi, c’était aussi le grand repas de la semaine. On commençait toujours par une soupe riche et succulente qui variait selon les saisons : le chou à l’automne, les légumes frais à l’été, mais ce jour-là, elle était aux pois. La table était bien garnie : du beurre, des cornichons, du bon pain de ménage, car on le cuisait à la maison. Madame Lemieux servit un beau rôti de porc avec des patates pilées. Pour le dessert, Catherine apporta des tartes au sucre, du blanc-manger* et des biscuits au gingembre. Le dessert ne manquait jamais! » (p. 58-59)

    « Les parents de Catherine décidèrent de faire une réception pour annoncer les fiançailles de leur fille à Jack. […] Dans les campagnes, les voisins sont quelquefois plus que de la parenté, car on leur demande souvent des services et on célèbre toujours ensemble. On invita aussi tous les jeunes du rang pour la soirée et on dansa grâce à Anthime, le violoneux… » (p. 68-69)
     

  • Vocabulaire évocateur du travail dans les camps de bucherons.

    « Un long arrachis* s’amenait en travers sur la construction et, soudain, s’arrêta bloqué d’une part par une arrête de tuf* et, d’autre part, par une trop grande abondance de billes qui continuaient à s’empiler et menaçaient de détruire l’écluse. » (p. 48)

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves de questionner des membres âgés de leur famille, dans une effort de construction identitaire, sur un événement marquant qui a eu une incidence sur leur vie de famille.
  • Dresser, dans un cours de musique vocale, une liste des chansons folkloriques mentionnées dans l’œuvre pour ensuite trouver les paroles de celles-ci et en faire un récital.
  • En préparation à la lecture de ce roman, préparer une exposition de photos et d’artéfacts sur la vie au camp de bûcheron et inviter des bûcherons qui ont vécu ces expériences à venir présenter des témoignages de leurs expériences.

Conseils d'utilisation

  • Sensibiliser les élèves aux particularités des guerres mondiales et de la Crise, plus particulièrement à la situation socio-économique des Canadiens français de l’époque.
  • Présenter le lexique de la fin du livre aux élèves avant la lecture.  
  • Faire le visionnement du film de l'ONF Bûcherons de la Manouane : Didier Arthur Lamothe, 1962, 27m46.