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Antifables

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Aperçu

Enfreignant la morale de ces maîtres fameux
pour dire la même chose qu'eux,
mais en mieux,
je pourrais à leur façon
inventer quelque histoire
d'âne qui se prit pour un pur-sang
ou de passereau qui se crut ténor
doué du coffre de Pavarotti...


(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Personnages principaux et secondaires qui sont souvent des animaux ou des objets dotés de la parole, de la pensée et de sentiments humains.

    « Une allumette de bois
    qui passait par là
    crut reconnaître en ces vocables
    l’appel du destin et celui du devoir
    se faisant écho. » (p. 49)

    « Et le renard,
    faisant de son côté
    assaut de générosité,
    s’engagea à ne pas envahir
    le territoire de son voisin des airs. » (p. 56)

    « À son cri de deuil
    la Terre frémit. » (p. 157) 
     
  • Poèmes en vers libres s’apparentant à des fables qui exploitent des situations réelles de la vie et qui se terminent par une morale écrite en italique.

    « Qu’elle soit en vers
    ou en prose,
    la morale n’a que faire
    là 
    où les profits abondent.  

    Les bénéfices,
    nets ou à peu près,
    suffisent pour assurer satisfaction. » (p. 22) 

    « On sut enfin qu’elle dépassait les bornes
    du bon goût
    quand elle en vint à la cuisson
    de la volaille,
    en inscrivant au menu
    l’oie, le canard et le poulet. » (p. 68)
     
  • Narrateur omniscient qui raconte la fable et qui en tire une leçon sous forme de morale.

    « Je n’en puis tirer de leçon,
    quant à moi,
    qu’en la transposant dans nos parages,
    où,
    bien entendu,
    la plus évidente n’est aucunement pertinente. » (p. 82)

    « À l’Élysée d’Égypte,
    un jour,
    on décida
    qu’il fallait décider
    à qui confier le lever du soleil. » (p. 85)
     
  • Séquences descriptives, explicatives et dialogales, selon le poème.

    « "Songez plutôt à élire
    quelque chef à votre image",
    dit le chêne aux supplicantes desséchées
    qui jonchaient le sol à ses pieds. » (p. 48)

    « Si l’on en croit cette anecdote issue d’Égypte,
    on pourra conclure
    que l’aigle est ainsi que la mouche du coche,
    en plus glorieux. » (p. 103)

    « Le deuil et la désolation
    propageant partout
    la dévastation,
    la Terre ne fut bientôt
    qu’un vaste champ saccagé
    ponctué de ruines. » (p. 161)

Langue

  • Registre généralement soutenu, parfois familier selon les personnages et les situations.

    « Quand il se voulut recueillir
    sur quelques fleurs
    de sa patrie adoptive,
    chacune,
    modeste comme mondaine,
    tout en se défendant, bien entendu,
    de xénophobie,
    trouva prétexte
    à lui interdire
    passage. » (p. 77)

    « " Peuh!
    Y’est pas plus gros
    qu’un pouésson d’cheu nous! " » (p. 125) 
  • Grande variété de procédés graphiques (p. ex., calligramme) et de figures de style (p. ex., personnification, allégorie, comparaison, périphrase).

    « l’oratrice à la rhétorique sulfureuse » pour l’allumette (p. 50)

    « Sitôt élue,
    la souveraine ardente
    n’eut plus fervent souci
    que de lier les branches
    étroitement entre elles
    pour former un fagot
    qu’elle enflamma
    d’une seule
    et même
    étincelle,
    tel que promis. » (p. 51)

    « Mais il n’en faut pas moins savoir
    qu’entre le docteur Kissinger
    et son interlocuteur,
    comme entre l’aigle et la souris,
    les mêmes mots ne sont pas toujours synonymes,
    même quand ils se disent homonymes. » (p. 59) 

    « le visiteur oriental » pour le papillon (p. 79)

    « S’il arrive qu’étourdi
    par les applaudissements
    qui saluent son équipée,
    l’aigle laisse échapper
    sa proie,
    le soleil ne risque pas
    de replonger
    dans le bourbier,
    puisque le bousier,
    inaperçu,
    continue de le pousser
    par derrière. » (p. 102)

    « la filandière silencieuse » pour l’araignée (p. 163)
  • Nombreux passages humoristiques.

    « C’est ainsi que la dinde génitrice
    de famille nombreuse
    et de fille chanteuse
    devint la vedette
    d’une émission
    qui s’intitula
    Les recettes
    de
    Maman Dindon. » (p. 66) 
     
  • Langue élégante et riche en images; vocabulaire parfois avancé pour le lectorat ciblé.

    « S’enquérant diligemment de la source de ce deuil,
    il apprit que c’étaient dauphins
    qui s’inquiétaient du sort de la baleine
    livrée sans défense à un chevalier de foi étrangère. » (p. 34)

    « Encore,
    s’il se fût agi
    de l’installer
    dans la chaire
    d’analyse coprologique… » (p. 89)

Pistes d'exploitation

  • Transposer les poèmes en contes pour enfants ou en pièces de théâtre, en s’assurant de respecter l’idée principale de la morale.
  • Discuter, en sciences sociales ou en politique, de la valeur de certaines morales présentées par l’auteur.
  • Inviter les élèves, en arts visuels, à représenter sous forme de caricatures, de bandes dessinées, de vidéo, un lieu, un personnage, une histoire et une morale puisés dans l’un des poèmes.

Conseils d'utilisation

  • Reconnaître avec les élèves que l’auteur présente des commentaires personnels dans les domaines social, politique et culturel.

    « Mais peut-être nous faut-il
    parfois,
    comme aux fleurs,
    malgré notre perfection assurée,
    le recueillement de quelque papillon
    exotique
    ou la méditation sereine
    de quelque coloriste étranger
    pour encourager en notre climat
    l’éclosion de nos couleurs
    les plus vives. 

    Et peut-être nos rêves ont-ils besoin,
    eux aussi,
    de légendes venues d’ailleurs
    pour être vrais? » (p. 83)
     
  • Présenter cette œuvre à un lectorat mature dont les compétences linguistiques et langagières sont assez avancées compte tenu de la complexité du niveau de lisibilité.
  • Lire quelques fables d’Ésope et de Jean de La Fontaine avant d’étudier ce recueil.

    « À quelque temps de là,
    Jean de La Fontaine,
    qui avait peut-être lu
    les fables d’Ésope
    en traduction
    ou par ouï-dire,
    à son tour raconta
    l’histoire de la grenouille
    qui,
    pour se donner taille égale à celle du bœuf,
    tant et plus se gonfla
    qu’elle en creva. » (p. 187)


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