Recherche



Collé à la peau

AjouterAjouter à mon bac de lecture

Aperçu

À la fin des années 50, dans la petite ville canadienne de Spring Bay, Angèle étouffe. Un jour, son existence bascule lorsqu'un patient lui offre un poste d'infirmière dans sa luxueuse résidence américaine. L'ambition et le désir d'échapper à son milieu modeste poussent la jeune femme à tout quitter pour l'extravagante et moderne Californie.

Mais les principes de son éducation traditionnelle sont tenaces et sèment le doute dans sa quête du bonheur. A-t-elle fait les bons choix? S'est-elle réalisée à travers ses succès, ou aurait-elle été plus heureuse auprès de sa famille et de son fiancé, dans sa ville natale?

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Un personnage principal, Angèle Lebrun, que l'on suit dans sa quête de bonheur depuis son départ de Spring Bay en tant que jeune infirmière, jusqu'à son âge avancé en Californie.

    «...je suis obsédée par l'idée de quitter Spring Bay pour un monde meilleur. J'aspire à améliorer ma vie dans un milieu plus beau et plus cultivé que celui dans lequel je vivote. Tout me paraît laid, insignifiant ici. » (p. 11)

    « Elle scrute l'inscription sur l'or massif : "To Dr. Angel Lebrown, with gratitude and admiration. Patrick Kelly, May 21, 1963." La date de sa graduation. Devenue médecin généraliste, elle avait suivi les conseils de son bienfaiteur qui l'encourageait à poursuivre des études en administration. De là, sa fonction haut placée d'aujourd'hui. » (p. 108)
     
  • Plusieurs personnages secondaires (p. ex., l'employeur et patient d'Angèle, Mr. Kelly, la cuisinière, Mrs. Domonty, la mère, et les partenaires amoureux d'Angèle, Albert et Jeffrey) jouant chacun un rôle dans le cheminement personnel du personnage principal.

    « Je leur ai parlé de Mr. Kelly. En route pour West Falls, il avait été admis à notre hôpital à cause d'une urgence médicale. Il m'a trouvée bonne garde-malade et a fini par m'offrir de devenir son infirmière privée en Californie où il vit avec sa femme et ses deux enfants. » (p. 17)

    « C'est la cuisinière attitrée des Kelly, Mrs. Domonty, qui me rappelle le plus la présence de maman. En voyant son nom gratté sur une note laissée près de mon repas mijotant sur le poêle, j'ai compris qu'il s'agissait de Mrs. Dumont et non de sa déformation américaine. » (p. 36)

    « Les hommes qu'elle a aimés l'ont quittée un à un : son père, ses frères Robert et Germain, Mr. Kelly, Albert et maintenant Jeffrey. Oui, elle les a tous aimés. À sa façon. » (p. 140)
     
  • Narratrice participante dans les première et troisième parties de l'œuvre; narratrice omnisciente dans la seconde partie, permettant de suivre le personnage principal dans ses réflexions sur ses choix de vie et surtout dans ses nombreux changements tant psychologiques que physiques.

    « Ma décision n'a pas été prise sans peine, mais je pense que les leçons de mon enfance restent collées à ma peau et m'empêchent de succomber à la tentation. [...] Moi, je crois qu'il y a plusieurs bons chemins [...] J'essaie de trouver celui qui me convient. » (p. 71)

    « Pour me garder éveillée, je passe mentalement en revue les changements que j'ai vécus au cours des dernières années. Je ne suis plus la jeune fille innocente du passé. Mes goûts et mes habitudes ont changé, même si je n'arrive pas à me débarrasser de tous les vieux principes de mon enfance. » (p. 74)

    « Avec l'aide du Dr Thomas, je profite d'une semaine de vacances pour me faire faire un nouveau nez. J'ai de la chance, parce que le chirurgien plastique est son ami. » (p. 88-89)

    « La mort de sa mère l'a ébranlée au-delà de ses forces et Angèle décide de prendre des calmants pour apaiser ses nerfs surmenés. Sinon, elle sera incapable de reprendre son poste et de faire face aux problèmes complexes qui l'attendent. » (p. 121)
     
  • Thèmes de l'exil, du changement, de la réussite et du travail, des relations amoureuses et familiales, pouvant intéresser les adolescentes et adolescents en quête d'un sens à la vie ou engagés dans un processus décisionnel sur leur avenir.

    « Ça fait presque deux ans que je suis chez les Kelly. Durant mon premier mois ici, j'ai reçu deux lettres d'Albert, la première me demandant si j'étais heureuse dans mon nouveau milieu et si je reviendrais bientôt à Spring Bay. » (p. 49)

    « - La majorité des gens vivotent. Ils ont peur du changement, ou ils sont tout simplement trop paresseux. Ils passent leur vie à faire un travail qu'ils détestent et s'amusent à des activités imbéciles. La plupart ne profitent pas des occasions qui se présentent. Ce n'est pas ton cas, Angel. » (p. 50) 

    « Elle se remémore souvent ses paroles : "Il faut aller jusqu'au bout de sa passion, Angel." Sa passion? Avait-il voulu parler de son ambition? De son désir d'atteindre un niveau social improbable en tant que femme issue d'un milieu aussi pauvre que le sien? Ayant atteint le succès, elle se demande pourquoi elle ne se sent pas en accord parfait avec la vie qu'elle mène. » (p. 111-112)
     
  • Séquences narratives et descriptives faisant ressortir, dans un va-et-vient continu et selon l’avis d’Angèle, un contraste entre la vie riche et intéressante de la Californie et celle, pauvre et simple, du Canada.

    « De temps à autre, après les cours d'arts, je sors prendre un café ou un verre avec le professeur et cinq ou six étudiants. [...] On discute de compositeurs et de genres de musique dont je n'ai jamais entendu parler avant. Chez nous, on avait des cantiques d'église, des chansons de cowboy et deux ou trois disques de la Bolduc que mes parents faisaient tourner dans le temps des Fêtes. » (p. 55-56)

    « Elle stationne son roadster dans le garage attenant à la maison qui surplombe l'océan. Ce soir, comme souvent en pénétrant dans cette enceinte, elle se remémore le village de son enfance où la plupart des gens n'avaient même pas de serrures à leurs portes. » (p. 109-110)

    « La vieille église d’adobe respire la fête. [...] Un groupe de mariachis entonne un chant folklorique [...] Ce décor contraste complètement avec celui de mon enfance où nous nous retrouvions emmitouflés, enneigés, sur les bancs d'église, frissonnants dans l'attente solennelle du Minuit, Chrétiens. » (p. 154)
     
  • Plusieurs indices du contexte socioculturel du milieu d'origine du personnage principal, notamment les valeurs, la mentalité et le style de vie de ce village dont Angèle ne peut pas tout à fait se défaire.

    «...j'imagine la réaction de ma famille si je devais me présenter devant eux avec un divorcé! Et la tête du curé! D'autant plus s'il savait que ça fait des mois que je n'ai pas mis les pieds à l'église. Ses dogmes, sa vérité absolue ne cadrent pas avec le mode de vie californien… » (p. 68-69)

    « Il veut savoir s'il est question de tartes au sirop d'érable et lui raconte qu'un ami parisien, croyant que ce sirop était la boisson nationale du Canada, en avait commandé un verre avec son repas en arrivant au pays. Maman rit aux éclats et lui explique que la tourtière est une tarte au porc aussi délicieuse que la tarte au sucre. » (p. 84)

Langue

  • Registre courant employé dans la quasi-totalité de l'œuvre à l'exception de certaines séquences dialoguées empreintes du registre familier.

    « Je me suis souvent confiée à Monsieur, bien plus qu’à mon pauvre père qui avait une solution pieuse à chaque problème. Je lui admets qu’au début je pensais souvent à Albert et que je m’ennuie de ma famille à certains moments, mais que je me plais dans ce travail et que je tiens à continuer mes études. » (p. 66)

    « - T'es fatiguée, hein, ma p'tite fille. Tu dois être crevée avec tout ce que tu as eu à faire. Va te coucher et puis inquiète-toi pas de moi. J'vais me déshabiller et puis j'vais être dans ce beau lit-là avant que tu aies le temps de te rendre à ta chambre. » (p. 79-80)
     
  • Style généralement dépouillé, caractérisé par des phrases courtes et un vocabulaire simple.

    « J'étais déçue de ma note finale, moins élevée que d'habitude. J'ai blâmé mon rendez-vous avec le fils Kelly. Il n'a pas donné signe de vie depuis. Je finis par me convaincre que c'est préférable. Je pourrai me concentrer sur mes études. » (p. 65)

    « Les jours se suivent sans que sa disposition ne s’améliore. Elle n’est pas d’humeur à lire. Le volume qui a toujours su l’inspirer reste fermé. Allongée dans son lit ou sur le divan, elle fait un relevé mental de tout ce qu’elle a pu rater dans sa vie. Son changement physique devient un sujet de reproche. » (p. 128)
     
  • Présent de narration précipitant le rythme d'une intrigue s'étendant sur plus de cinquante ans.

    « Ce soir, en rentrant tard, j'ai la mauvaise surprise de voir une ambulance devant la résidence Kelly. La maison est éclairée comme en plein jour. Je me précipite à la chambre bleue. Mary est là avec Miss Taylor qui sautille autour de Monsieur étendu par terre. » (p. 56)

    « Aujourd'hui, je vais me présenter chez le notaire afin de mettre mon testament à jour. Avant de sortir, je m'arrête devant la glace. La lumière est trop révélatrice, les rides trop nombreuses [...] J'observe une fois de plus le sabotage des années. Tout tombe, tout se ramollit. [...] je me mets à ressembler à toutes les autres femmes âgées. » (p. 149)
     
  • Comparaisons abondantes ajoutant à l'intensité de certaines descriptions, notamment lorsqu'il s'agit de situations nouvelles, excitantes ou difficiles auxquelles fait face le personnage principal.

    « Jeffrey se lève à son tour [...]. Je le sens qui s'élance derrière moi et mon cœur bat comme une tempête à mes oreilles. » (p. 62)

    « Angèle retourne à la chambre qui l'a vue naître. Elle parle doucement à sa mère et lui répète son amour comme une litanie, sans provoquer la moindre réaction. » (p. 118)
     
  • Plusieurs extraits du roman Moby Dick, placés en italique dans le texte et créant un parallèle entre ses messages et la réalité du personnage principal.

    « J'ai vite repris le déchiffrage de Moby Dick. [...]
    Pourtant, où est-il le marin qui avouera : "Sir, ce n'est pas tant la peur de toucher un écueil, que la peur de cette hideuse blancheur, qui me bouleverse ainsi;."
    4 Herman MELVILLE, Moby Dick, p. 274 » (p. 47-48)

    « J'ai du mal à terminer la lecture devant l'air triste à mourir de mon patient.
    Un noble vaisseau! mais, je ne sais pourquoi, mélancolique. N'en est-il pas ainsi de toutes les nobles choses;? 
    8 Herman MELVILLE, Moby Dick, p. 123 » (p. 104)

Référents culturels

  • Nombreuses mentions d'éléments culturels et traditionnels canadiens-français (p. ex., la tarte au sucre, la tourtière, la Bolduc, la religion), reflétant avec vraisemblance cette communauté et favorisant la construction identitaire des élèves de l’Ontario français.

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à discuter de cas connus de personnes célèbres ayant eu recours à la chirurgie plastique; puis leur demander de rédiger un texte d'opinion pour s'exprimer sur cette question.
  • Proposer aux élèves d'effectuer une recherche sur les différentes perspectives d'emploi exigeant un déplacement ou un déménagement (p. ex., organismes nationaux et internationaux); leur suggérer de créer un kiosque pour exposer leurs trouvailles au reste de l'école (p. ex., dans le cadre d'une foire des carrières).
  • Inviter les élèves à lire des extraits ou l’ensemble du roman Moby Dick de façon parallèle afin de tisser des liens entre les deux œuvres et le vécu de leur personnage principal respectif.
  • Demander aux élèves de rédiger un texte dans lequel ils imagineraient la vie d’Angèle si elle était restée à Spring Bay en Ontario.

Conseils d'utilisation

  • Présenter aux élèves l'œuvre Moby Dick avant et pendant la lecture.
  • Prévenir les élèves quant au thème de la recherche du bonheur par des moyens pouvant parfois s’avérer illusoires ou dangereux (p. ex., chirurgie esthétique).
  • Même si cette œuvre s’adresse aux élèves de 9e et 10e en raison de sa facilité de lecture, en considérer également la lecture avec des élèves du cycle supérieur compte tenu de la pertinence des thèmes exploités.


Tous droits réservés © 2014 FousDeLire.ca