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Barricades mystérieuses

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Aperçu

Obstacle, cri silencieux, défense; palissade, portage, grille, treillage - se dressent ainsi les barricades. Mystérieuses, oui, à l'instar des frises, des chrysalides, des partitions secrètes et des hiéroglyphes figurant sur l'illustration de la couverture. Mais, qui n'a pas connu le désir d'en percer les mystères? Si les barricades font souvent obstacle, elles peuvent aussi s'ouvrir et libérer un passage. On se retrouve alors dans une autre dimension, un univers départagé entre le monde des ombres et celui des vivants, parfois même sans se douter qu'en certaines circonstances, il est permis aux deux mondes de se joindre. On accède à une part inconnue de soi-même.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Recueil de courts textes poétiques de forme libre divisé en sept sections titrées, dans lesquelles priment le questionnement, les émotions, les sentiments.
  • Thèmes du temps, de la quête de sens et de la nature, s'inscrivant dans un univers intimiste.

    « L'horloge danse le temps s'accélère
    Poissons volants ailes en feu » (p. 61)

    « Que de chaînes pour repousser les heures
    Et porter sur ses épaules les richesses d'un fleuve
    Pourquoi réinventer le monde
    Si on l'espérait comme avant » (p. 80)

    « Marche dans la rondeur du ciel
    Suis la trajectoire du canot ailé
    Astéroïde qui nomme la fin du temps » (p. 90)
     
  • Narratrice participante qui raconte son cheminement intérieur en tant que femme et écrivaine et qui s'adresse parfois à un destinataire inconnu.

    « Je parle une langue ennemie
    Porte le masque du vaincu
    Broie sa tête prisonnière
    M'en vais seule mon dernier collier jeté » (p. 46)

    « J'ai cru m'enfuir
    Piège dans le piège
    Le doute dans les mains
    Tout était permis
    Mais je n'étais pas libre » (p. 67)

    « Au-dessus d'un ventre qui volait avec moi
    Je repliais ma noirceur me fondais en toi
    Ma rage refoulée
    Me réclamais de ton souffle
    Je refermais tes mains » (p. 77)
     
  • Vers et strophes de formes et de longueurs irrégulières, peu ponctués, parfois elliptiques, souvent détachés, et contenant des décalages entre certains mots, faisant résonner des idées lourdes de sens.

    « J'ai humé la piste
    Cerné la course

    J'avais laissé tant d'années » (p. 43)

    « L'horizon un filet de bronze
    Clavier d'ombres
    Que l'on n'a plus envie de quitter » (p. 78)

    « D'où viennent-elles
    Ces ombres floues que parfois l'on voit danser
    Du coin de l'œil?
    Valse avalée vivante fraîche toison » (p. 98)

Langue

  • Registre courant reflété par un vocabulaire simple et une expression sobre et sans prétention, n'enlevant toutefois rien à la fécondité des idées; à l’opposé, registre littéraire et soutenu en raison des agencements de mots et d’idées.

    « L'ouvrière sait d'avance
    Ce qu'il y a là
    Tic tac laiteux d'un cœur
    Il creuse les mots
    Atteint la noirceur d'une cible » (p. 30)

    « Et Mozart
    Langue de feu implorant le suif dans sa peine
    C'est ici que la colombe s'enfonce
    Haillon dans les nuages
    De lumière transformée » (p. 68)

    « C’est par elle la périlleuse que je viens vers toi
    Je marche dans sa tête et dans ses os
    Jusqu’à épuisement
    Jusqu’au pays des âmes
    Ma destinée en avance et qui gronde
    Reprenant le chemin exalté » (p. 75)
     
  • Phrases interrogatives abondantes accentuant le questionnement et la portée philosophique du recueil.

    « Est-ce suffisant de terminer une chose
    Avant d'en commencer une autre?
    Est-ce ainsi que les anges noircissent leurs ailes?
    Combien de temps encore faudra-il dormir dans le feu?
    Combien de temps pour en arriver à cet instant d'avant? » (p. 25)

    « Maintenant que dois-je faire?
    Quelles sont les réponses aux instances du cœur? » (p. 41)

    « Le chemin sans tourment serait-il
    Sans consolation? » (p. 68) 
     
  • Textes poétiques riches en répétitions et antithèses et empreints de sensibilité.

    « Timbale saisie de vérité
    Tourne
    Tourne
    Collier farouche » (p. 30)

    « Se dresse le cri dans le mystère du pain
    Déchirure sans limite
    Tu n'attends plus rien
    Mais non plus ne désespères » (p. 59) 

    « L'ange
    D'un genou implorait le ciel
    De l'autre creusait l'enfer » (p. 89)
     
  • Champs sémantiques et lexicaux de la nature et des émotions s’entremêlant dans les poèmes et faisant appel aux sens physiques.

    « Travaille goulûment
    De mémoire en mémoire et de tes mains amaigries
    Suppliant surtout ce qui ne vient pas
    Le chétif collage de vent
    Qui râle entre nous » (p. 36)

    « Il y a des jours où le chemin nous émeut
    Jours d'été où l'on marche étourdi dans la neige » (p. 69)

    « Comment aimer ce fleuve pour qu'il se navigue encore
    Dérouté
    Les rives charnues
    En mal d'altitude on lui parle de conscience » (p. 106)

Référents culturels

  • Nombreuses citations d'auteurs français (p. ex., Lorand Gaspar, Maurice Blanchot, Pascal Quignard, Stéphane Mallarmé) mises en exergue dans le recueil.

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves d'écouter la pièce musicale Barricades mystérieuses de François Couperin; leur demander ensuite d'établir des liens entre la pièce musicale et l'œuvre poétique à l'étude (p. ex., tonalité, image, rythme).
  • Demander aux élèves de représenter un extrait du recueil sous la forme d'une œuvre d'art de leur choix (p. ex., peinture, dessin, image Photoshop, chanson).
  • Inviter les élèves à participer à une discussion sur ce que représentent les barricades mentionnées dans l'œuvre (p. ex., barricade d'infinitude, barricade à défendre, barricade mystique); leur faire rédiger un texte personnel sur une barricade de leur vie personnelle.

Conseils d'utilisation

  • Lire avec les élèves la présentation de l’auteur (p. 11 à 15), qui explique le contexte de cette œuvre.
  • Proposer ce recueil à des élèves solides en lecture.
  • Avant la lecture, prévenir les élèves quant à la forme irrégulière souvent retrouvée dans la poésie contemporaine (p. ex., absence de ponctuation, enjambement).
  • Pendant la lecture, laisser place au ravissement et à la fascination plutôt qu’à l'analyse littéraire.


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