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Conte cruel

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Aperçu

Deux frères, Tafa et Dafy, sont issus d’une tribu de bergers sédentarisés de force. La misère pousse les paysans vers la ville. Les deux frères seront séparés. Ce que Tafa n’acceptera jamais. Que ne tentera-t-il pour retrouver son frère adoré? Marafoudian, la jolie vache, le seul et unique bien de la famille, devra être vendue. Avant de changer de maître, Marafoudian livre un grand secret…

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Conte mettant en scène un personnage principal, Tafa, à qui le frère aîné confie la responsabilité de prendre soin de son épouse et de ses quatre enfants pendant son absence; quelques personnages secondaires, Dafy, le grand frère parti à Dubaï à la recherche d’un emploi, Kira, l’épouse, qui, attristée par le départ de son époux, se laisse mourir de chagrin, Razar, le père de Kira, un riche commerçant, déçu par le mariage de sa fille à un garçon venant d’une famille peu fortunée, et Marafoudian, une vache hors de l’ordinaire que Tafa est forcé de vendre pour quelques billets seulement.

    « Depuis que son bien-aimé grand frère Dafy avait été forcé de s’exiler jusqu’à Dubaï, il était empli d’un profond sentiment de responsabilité. Car, malgré son jeune âge, Dafy l’avait chargé, en partant, de veiller au bien-être de sa femme et de ses quatre enfants.
    "Tu n’as que quatorze ans, lui avait-il déclaré. Pourtant, je n’ai confiance en personne autant qu’en toi. Veille sur les miens. Surtout, rappelle-toi qu’il faut toujours te tenir à distance du père de ma femme. Il n’attend qu’une occasion pour tout commander." » (p. 7-8)

    « Razar, le père de Kira, un prospère commerçant en dattes et en sel, espérait bien marier sa fille au prétendant le plus offrant. Ainsi, il n’avait pas été content quand son choix s’était porté sur ce garçon issu d’une tribu de bergers nomades que le nouveau pouvoir venait de forcer à se sédentariser dans la région. » (p. 18)

    « "Je pensais à Dafy, reprit-elle. Je suis sûre qu’il m’a oubliée.
     Que voulait-elle dire?
    "Et qu’il s’est marié avec une autre." » (p. 68-70)
     
  • Thématique sombre qui explique la dure réalité de la vie dans certaines régions du monde et qui aborde adroitement des sujets délicats tels que la pauvreté, la misère, l’abandon, la violence et la mort; sujets présentés de façon à intéresser le lectorat visé.
  • Quelques illustrations, en noir et blanc, établissant un lien direct avec le texte; emploi de caractères italiques désignant des mots provenant d’une langue étrangère; texte pleine page séparé en chapitres non titrés.

    « Ainsi, un chanteur s’égosillait dans une langue inconnue :
    Que bonitos ojos tienes
    Debajo de esas dos cejas… » (p. 18)

Langue

  • Registre de langue courant comprenant un vocabulaire et des structures de phrases parfois complexes.

    « Dans la cour s’élevaient deux rôniers rabougris. » (p. 24)

    « Autour d’eux, les bêtes ne dormaient pas, elles non plus. Elles soufflaient bruyamment, chuchotaient, rêvaient tout haut, s’esclaffaient. Au matin, Dafy et Tafa plongeaient dans l’eau glacée du marigot, dont la surface était couverte par les larges feuilles vernissées des nénuphars. Au sortir du bain, pour se réchauffer, ils se frottaient le corps avec des bouchons d’aeschilia qui sentaient la térébenthine. » (p. 28)

    « - À Dieu ne plaise que par ma faute, ce malheur arrive! "Entre" dit l’homme. » (p. 51)
     
  • Plusieurs expressions figurées qui illustrent le texte et qui permettent de se faire une image mentale des événements, des lieux et des personnages.

    « Ils attendaient avec impatience d’être menés vers la savane aux herbes drues et savoureuses, ou vers le lac Kémo qui ouvrait son œil bleu bordé comme des cils d’une profusion de plantes aquatiques. » (p. 8)

    « "Allons prendre le petit déjeuner. Je te l’offre. Crois-moi, on affronte mieux la journée si on a le ventre plein. Sac vide ne tient pas debout, dit le proverbe." » (p. 42)

    « Pendant quelques minutes, Tafa demeura immobile, cloué sur place, pareil à celui qui s’est entretenu avec Dieu. » (p. 63)
     
  • Quelques séquences dialoguées et plusieurs séquences descriptives qui mettent l’accent sur les sentiments des personnages et qui permettent de se situer dans le temps et le lieu de l’action.

    « "Ton frère et toi, vous vous en doutiez, je ne suis pas une vache ordinaire. Mes aïeules maternelles venaient d’Inde, où elles étaient révérées à l’égal de déesses. Mes ancêtres paternels étaient des toros de la propre réserve des rois d’Espagne. Avant de te quitter, je vais te faire un cadeau qui soulagera la misère de toute la famille. À chaque fois que tu éprouveras du chagrin, un vrai chagrin, et que tu pleureras de vraies larmes, celles-ci seront métamorphosées en or et pierres précieuses. À chaque fois. " » (p. 13-14)

    « Elle se redressa sur le divan pour mieux soutenir son regard :
    "Je dis, martela-t-elle, qu’il nous a oubliés, ses enfants et moi. Tu ne connais pas la réputation des femmes de ces pays étrangers?
    Il paraît que leurs yeux brillent comme des escarboucles et que leur chevelure balaye leurs talons.
    - Qu’est-ce que tu racontes? suffoqua-t-il.
    - À tous les hommes, poursuivit-elle, elles inspirent le désir." » (p. 70-71)

Pistes d'exploitation

  • Lors d’un cercle de lecture, relire avec les élèves le conte, retrouvé aux pages 35-36, que Tafa réclamait quotidiennement à Dafy lorsqu’il était petit. Permettre aux élèves de réagir au message contenu dans ce conte et d’émettre leur opinion au sujet de la question de Tafa :
    « Est-ce le seul sentiment qui ne déçoit jamais? »
  • Planifier la tenue d’un minidébat mettant en valeur les opinions divergentes au sujet de l’énoncé suivant : Dafy a pris une bonne décision en confiant sa femme et ses quatre enfants à son jeune frère Tafa.
  • Inviter les élèves à répondre, dans leur carnet de lecture, à la question suivante : Pourquoi, à la toute fin du texte, les larmes de Tafa ne sont plus que de l’eau salée? Permettre à quelques élèves de faire part de leur réponse au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Au préalable, expliquer que le conte traite de sujets sombres et tristes tels que la pauvreté, la misère, l’abandon, la violence et la mort afin d’éviter de choquer certains élève.


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