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Un moine trop bavard

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Aperçu

À Chesterville P.Q., la petite communauté du monastère du
Précieux-Sang est secouée par un meurtre ignoble : le Frère Adrien est retrouvé mort dans la grange… un crucifix enfoncé dans la gorge. Le seul témoin du meurtre semble être le garçon de ferme, mais Zacharie, un simple d’esprit, a disparu cette nuit-là.

Le sergent Roméo Dubuc mène l’enquête, avec son éternel comparse, Lucien Langlois. Malheureusement pour eux, les indices se multiplient et brouillent les pistes : tatouages mystérieux, secte hérétique, passages secrets. Est-il possible que ces hommes de Dieu, qui consacrent leur vie au travail manuel et à la prière, aient vendu leur âme au diable?

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Retour en scène de quelques personnages fétiches de l’auteur, notamment du personnage principal, Roméo Dubuc de Chesterville, policier sympathique, mais sans grand panache, de son collègue Lucien Langlois et d’une journaliste locale, Manon Pouliot; nombreux personnages secondaires parmi lesquels d’autres habitants de la petite localité et les membres d’une communauté de moines vivant au monastère du Précieux-Sang.

    « Le regard du sergent détective Roméo Dubuc scrutait intensément le ciel matinal au-dessus de sa tête, dans le stationnement du poste de la Sureté provinciale de Chesterville. Il cria :
    - Si jamais je t’attrape, mon enfant de nananne, tu vas passer un méchant quart d’heure!
    Son collègue détective, Lucien Langlois, arriva au travail sur les entrefaites et dévisagea Dubuc avec inquiétude.
    - Vous avez laissé filer un suspect?
    - Ouais. Gris et blanc, avec une tête d’oiseau, des ailes d’oiseau, pis des yeux d’oiseau.
    - Un goéland argenté?
    - Exact. Et qui vient tout juste de chier sur ma belle chemise bleue! Regarde! » (p. 13-14)

    « Pendant qu’il parlait, la journaliste Manon Pouliot de l’hebdomadaire local Le Progrès de Chesterville entra et les salua. Elle se joignit à eux et déposa son sac à main sur la banquette.
    J’arrive du monastère du Précieux-Sang, dit-elle. Les chers moines ne veulent pas accorder d’entrevue au journal et n’ont pas l’air pressés non plus de s’expliquer. » (p. 29)

  • Narrateur omniscient dans les séquences narratives et nombreux dialogues réalistes, donnant la possibilité au lectorat, en même temps qu’aux policiers, de cerner les personnages, de soupeser les alibis, de récolter les indices nécessaires à la reconstitution du crime et à la résolution de l’énigme.

    « La bibliothèque des moines, sombre et déserte, mais de bonnes dimensions, respirait le calme et le travail intellectuel. Les murs de la pièce étaient garnis de rayons de livres en bois sombre qui s’alignaient du plancher au plafond. » (p. 69-70)

    « - Écoutez, le Frère Adrien dégageait une odeur corporelle très particulière, très masculine même. Je dirais presque un mélange de musc et de transpiration. Mais ce n’était pas le cas de la personne à côté de moi, le matin du meurtre.
    - Et ça sentait quoi? demanda Dubuc, avec curiosité.
    - La cigarette… » (p. 234-235)

  • Intrigue policière classique sur fond religieux, mise en scène du crime bien orchestrée; intrigues amoureuses parallèles, nombreux suspects et multitude de fausses pistes pimentant le déroulement de l’intrigue principale.

    « Le cadavre du Frère Adrien gisait sur le dos, sa soutane noire en partie souillée de sang. Il avait les bras étendus en croix sur le sol humide de la grange.
    Le visage bouffi de la victime frappa d’horreur les personnes présentes dans l’étable : les yeux exorbités et terrifiés, la langue sortie, le sang séché accumulé autour de la bouche.
    Un crucifix enfoncé dans la gorge… » (p. 19)

    « Florence profita de cette interruption pour lever joyeusement son verre en direction de Dubuc.
    - Mais ce soir, Roméo, laissons le passé derrière nous et buvons à l’avenir! » (p. 94) 
     

  • Ouverture intrigante à la fin du roman laissant le lectorat perplexe et lui donnant la possibilité de se questionner sur la résolution de l’énigme et la possibilité d’une suite à l’histoire.

    « - Ah, c’est vous, Abbé Bernard! répondit le libraire avec entrain. Alors, êtes-vous installé dans votre nouveau monastère?
    - L’endroit et très convenable et je sens qu’on va y faire des choses très rentables, mon fils. Dites-moi, êtes-vous prêt à reprendre vos "livraisons" régulières avec nous?
    Un sourire radieux se dessina sur les lèvres de Georges-Henri Simoneau.
    - Tout à fait! Comme je l’ai déjà dit, personne ne résiste à l’Abbé… » (p. 295)

Langue

  • Registre courant dans la narration avec emploi du passé simple et registre familier, voire populaire, dans certains dialogues, ce qui rend l’univers narratif et les personnages vraisemblables.

    « Dubuc gara sa voiture à une dizaine de mètres de la grille et s’approcha. Il salua au passage le portier qui l’avait reconnu et longea le monastère. À sa dernière visite, il avait remarqué un petit bâtiment discret en briques rouges derrière l’édifice principal du monastère : la bibliothèque des moines. » (p. 69)

    « Rochon serrait maintenant les poings et les traits de son visage étaient déformés par la rage. Effrayée, Manon recula de quelques pas.
    - Ma petite maudite, t’en sais plus sur ma vie privée que ma propre mère! Sacre-moé ton camp d’icitte au plus vite avant que je pogne les nerfs, as-tu compris? Pis si jamais t’écris ça dans ta gazette, je te jure que tu vas te promener en béquilles longtemps! » (p. 122-123)

  • Emploi d’un vocabulaire simple, de phrases courtes ou elliptiques, d’une ponctuation efficace (p. ex., les points de suspension) dans les dialogues, ce qui donne de l’authenticité aux conversations; utilisation sporadique d’un vocabulaire un peu plus spécialisé relié à certains thèmes, notamment à celui de la vie religieuse et monacale.

    « Dis-moi ce que tu vois, Lulu?
    - Je vois… je vois un moine qui marche dos à la caméra, avec son capuchon, qui pousse une bicyclette à sa droite… il se dirige vers la grille principale du monastère… il sort une clé… il déverrouille la grille… il pousse son vélo devant lui, puis referme la grille et la verrouille… maintenant, il est sorti du monastère. » (p. 216)

    « - Le portier du monastère affirme que le Frère Adrien a assisté aux matines, mais aussi aux laudes le matin du meurtre. C’est vrai, ça? » (p. 234)

  • Style imagé, parfois teinté de pointes d’humour, phrases variées enrichies de figures de style simples (p. ex., la comparaison).

    « Si vous voulez mon avis, il aurait fait un excellent politicien, le Frère Adrien! […] Sans parler qu’il bavardait comme une pie. C’était vraiment un moine trop bavard… » (p. 63)

    « Dubuc s’impatienta.
    - Lulu, arrête-moi tes simagrées! D’ailleurs, regarde-toi dans le miroir : j’ai noté que ça te rend drôlement agressif, tes salades de luzerne pis tes crackers aux neuf graines! Tu devrais laisser ça aux ruminants et t’offrir de temps en temps un bon steak avec des patates pilées pour te remettre les intestins d’aplomb! » (p. 183-184)

Référents culturels

  • Nombreuses références à la francophonie canadienne, l’intrigue se déroulant au Québec dans un environnement francophone.

Pistes d'exploitation

  • Après avoir étudié la structure du roman policier classique, demander aux élèves d’inventer une intrigue et d’en présenter le schéma narratif.
  • Proposer aux élèves de se documenter sur un monastère au Canada et ensuite, discuter de la place tenue par ce type d'institutions dans notre société actuelle.
  • Avant la lecture, situer Chesterville sur une carte et faire découvrir aux élèves les différentes caractéristiques de la région.
  • Inviter les élèves conquis par ce roman à lire d’autres enquêtes de Roméo Dubuc.

Conseils d'utilisation

  • En partant de la liste des pages 48 et 49 et au fur et à mesure que progresse la lecture, inviter les élèves à dresser une liste de tous les suspects et de leurs alibis.
  • Afin de faciliter la lecture, proposer aux élèves un lexique du vocabulaire de la vie religieuse et monacale.
  • Rappeler aux élèves que ce livre est une fiction et qu’il ne représente en rien le comportement des communautés vivant dans des monastères; leur expliquer que certains sujets délicats évoqués dans ce roman policier sont propres à ce genre littéraire.
  • Suggérer ce roman dans le cadre des stratégies de promotion de la littératie chez les garçons.
  • Schématiser le déroulement de l’enquête et évaluer les risques et les conséquences juridiques des actes répréhensibles commis.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org. ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Les voix humaines, Radio Radio.
  • IDÉLLO.org. ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : T’as faim?!, Bonne alimentation, malbouffe, régime et diète.


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