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Apocryphes du cœur

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Aperçu

Apocryphes du cœur est un recueil qui tire ses racines de l’histoire de l’être. Il cherche à révéler ce que l’on garde secret, ce que l’on ne dit pas ou que l’on ne veut pas entendre : les blessures intérieures, traces d’un passé commun marqué par le rigorisme religieux et la difficile recherche d’une identité dans une collectivité aux fondements effrités.

[…]

Une nouvelle voix franco-ontarienne en poésie, un texte provocateur dont les assises sont aussi celles de notre histoire.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Poésie introspective explorant l’origine de l’être, la faiblesse et la force, le regret et l’espoir du « je » et du « nous ».

    « Je viens d’un pays d’amours discontinues
    d’une grâce nue
    souillée
    dans la boue
    rabotée » (p. 14)

    « Et je cherche
    notre identité commune
    au creux d’une tasse de thé
    ou d’un boc de bière

    Nos points de rencontre naturels
    Nos seuils de conjoncture
    Nos points de suture » (p. 28)

    « Par le chagrin infirme
    et la tendresse aux mains
    ouvertes sur le devenir
    je cherche au dehors et en dedans de moi-même

    les monstres qui naviguent en moi » (p. 33)
  • Textes poétiques descriptifs dont le « je » est à la fois sujet et objet.

    « Je suis cœur spectral
    mâchant songes d’avoine
    silence silhouette
    des rêves ruminant

    J’erre sans dire mot
    sans qu’une parole ne s’envole
    de mon souffle de vents

    Je marche
    inlassable
    en empruntant les parcours
    déjà tracés dans ma chair noctambule
    les chemins mouvants
    de mon cœur rapiécé
    qui cherchent à s’imprimer
    sur papier décomposable

    l’âme de la pensée » (p. 20)
  • Poèmes en vers libres et en strophes de longueurs variables.

    « Par ce chemin que nous suivons
    nous arrivons sans cesse
    aux rives recherchées

    Ô vieille Métropole du cœur

    En tes entrailles diaphanes
    je retrouve la peau de souvenirs
    envoûtés par la sorcellerie de l’oubli
    décombres presque effacés
    de joies à la merci de la disparition » (p. 63)
  • Longs poèmes fragmentés, chaque passage non titré paraissant sur une page différente.

Langue

  • Poésie elliptique saisissant en très peu de mots des idées et des sentiments souvent complexes.

    « Je viens d’un pays de crucifix et d’empreintes
     préhistoriques
    de désirs mortifiés aux cavernes du cœur
    un pays en dehors des murs
    échafaudé entre la pierre et une raison
    peut-être la nôtre
    un pays aux froidures immenses
    et aux solitudes trop vastes
    si vastes que pour les contenir
    il faut des gratte-cieux
    des cathédrales fanées » (p. 11)

    « Je continue malgré tout à nager par les espoirs
     escarpés
    à faire l’escalade de volontés chétives
    à explorer les brousses de brûlantes vulnérabilités
    tenues dans le fond des paumes comme des
     plumes humides
    à marcher sous émotions de pluies de feux » (p. 69)
  • Ponctuation et marqueurs de relation souvent absents dans l’ensemble de l’œuvre, rendant parfois difficile la compréhension du texte.

    « Parmi les glaces chatoyantes
    je tiens lance-pierre
    pour casser vandale vitres vernies
    blesser dieux d’aciers
    faire éclater idoles de verre » (p. 21)

    « Je me retrouve fragile entre les instants
    dans les paysages incertains
    qui jouent à se mouvoir
    les affres des sables mouvants
    à digérer dans les hauteurs
    comme un mets qu’on mange
    en le recrachant » (p. 80)
  • Registre soutenu tout au long de l’œuvre.

    « Dans les jours onyx
    je me fonds par clairières sanguines
    aux lacs azurés de passions translucides
    où se baigneront nos corps de joyaux offerts
    nos pieds de statues
    aux flores d’émotions
    torrents enracinés
    dans les traces du soi

    foulant les anciennes clôtures
    cloisonnant
    les feux de la poitrine interdite » (p. 77)
  • Association de mots et d’idées rendant à l’abstrait une forme concrète.

    « Étourdi enserré
    par les grands tourbillons de l’être
    dans ce nœud d’ombres et de mortier
    cette forêt d’espérances tailladées » (p. 21)

    « Mais mon cœur est traqué
    tenaillé
    aux temples d’émotions
    crépuscules saignants » (p. 22)
  • Nombreuses figures de style ajoutant à la valeur littéraire de l’œuvre, par exemple l’inversion, l’apposition, la comparaison.

    « Le cœur ne dit plus rien
    mais percutent les échos des machettes
    longeant les corridors inquiets
    de l’âme qui se regarde
    dans le miroir abyssal
    de la chair » (p. 24)

    « Aux parchemins de l’âme
    les écrits apocryphes
    sont devenus vestiges
    de l’ombre
    bribes restes de cendres » (p. 45)

    « Ô Cœur transparent comme l’eau des glaciers
    pesant dans l’existence telle l’ancre des jours
    se fixant aux lunaires fonds des mers cramoisies
    et coulant feu muet
    comme un sang
    jusqu’aux écritures » (p. 52)
  • Allitérations et assonances créant une relation entre l’idée ou l’émotion du texte et l’effet d’insistance des vers.

    « À sonder le sens des choses
    l’essence sang séché
    je ne sais plus ce que je cherche
    Sans que je ne le veuille ma pensée macrophage
    le fouille sans moi
    en épiant fils invisibles
    rives de mémoires évanescentes
    le cœur s’évadant comme une ombre secrète » (p. 44)

    « je grave de mains nues usées le roc des échecs
    passions insurmontables pics transparents
    par l’écho de craintes ancestrales
    aux anciens ravins râpeux de rêves trop abrupts » (p. 67)

Pistes d'exploitation

  • Relever des antithèses dans le recueil et en expliquer la valeur littéraire, par exemple, susciter la surprise, exprimer l’inconcevable, renforcer une description.

    « Pourquoi ne pas laisser seulement parler le silence
    qui en dit plus long que n’importe quel homme » (p. 41)

    « Je donne les saignées à mon esprit charnel
    épiant les signes de ma volonté
    cherchant l’âme des choses dans la matière brute
    la douceur dans les torrents familiers » (p. 70)

    « Mais parfois encore j’envie l’être en amour
    Fantôme qui rôde dans mes nuits ivoirines
    Hantise noire de la femme imprécise
    voilée dans son mystère d’outre-tombe » (p. 81)
  • Expliquer en contexte le titre de l’œuvre et établir un lien entre ce titre et l’épigraphe : « Toute notre connaissance découle de notre sensibilité. »
  • Dans le recueil, l’archéologie est utilisée comme métaphore à la recherche intérieure du « je » omniprésent. Discuter de la valeur de cette métaphore et expliquer comment elle peut permettre au lectorat de mieux comprendre l’œuvre dans son ensemble.

    « Je creuse au-delà de mes chairs
    et de mon esprit aux grands tiroirs
    fossiles de l’être
    blessures phosphorescentes
    vagues chargées de songes
    dans les muettes incertitudes
    de paysages brisés endormis » (p. 24)

    « Car éparpillé parmi ces restes
    depuis l’enfance dispersés
    je fais l’archéologie
    par les géologies de l’âme
    des couches d’écorces et de mirages
    des vies enfouies » (p. 42)

Conseils d'utilisation

  • Accompagner les élèves dans la lecture de cette œuvre qui peut sembler hermétique. Lire d’abord des poèmes plus accessibles et tenter de s’imprégner des mots, des tournures et de l’atmosphère de cette poésie, par exemple :

    « Je viens d’un pays fleuri de chapelles et de clochers
    asservi à l’idée de liberté

    Je viens d’un pays de ruelles
    de cerfs
    et de bois d’orignaux
    de flambants rappels après les abracadabrants
     spectacles
    les grandes oraisons » (p. 13)
  • Pour en faciliter la compréhension, lire à haute voix certains poèmes choisis. Par la suite, inviter chaque élève à choisir un poème, à l’interpréter et à le lire de façon expressive.

    « Dans la ville métropole
    muette
    immensité
    défiguré dans mon allure
    et dans ma volonté
    je marche suivant les pas
    de mes errances » (p. 19)
  • Inviter les élèves à ajouter la ponctuation à certains poèmes afin d’en découvrir plus facilement le sens. Revenir ensuite au poème original et reconnaître le lien entre le fond et la forme du texte.


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