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À la dérive

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Aperçu

Rejetée par son père qui l’empêche d’aller à l’école, Sylvia se tourne vers sa mère qui comble sa soif d’apprendre en attendant de lui procurer une chaussure magique lui permettant de se déplacer sans clopiner. Dévorée de jalousie, une de ses sœurs lui ferme la porte de sa résidence parce qu’elle préfère la voir dans un rôle de servante. Au moment où Sylvia va réaliser le rêve de sa vie, la méchanceté d’Hélène la conduit au bord du gouffre. Grâce à l’affection des siens, Sylvia ne se laisse pas aller à la dérive, tandis que de son côté, Hélène brise toutes amarres et s’en va à vau-l’eau sur bâbord et sur tribord.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Un personnage principal, Sylvia, née avec une jambe plus courte que l’autre, entourée de personnages secondaires dont certains contribuent à son épanouissement (p. ex., Jacques) tandis que d’autres lui nuisent (p. ex., Hélène).

    « Sylvia est si bien mise et si bien coiffée, qu’on la prendrait pour une citadine. […] Hélène se donne des airs en l’examinant de la tête aux pieds. […] Malheureusement, au lieu de se réjouir de son allure, Hélène lui lance d’un ton aigre :
    - Tu sais, ton soulier a beau te remonter l’épaule, ça paraît que t’as une jambe plus fine que l’autre. » (p. 146)

    « L’ennui colle à la peau de Sylvia qui mène une vie presque monacale. Il y a pourtant autre chose à faire que travailler, lui répète Jacques qui l’encourage à sortir. » (p. 247)
     
  • Intrigue dont la quête du bonheur constitue l’enjeu principal menacé de plusieurs entraves dont l’intolérance face aux différences physiques, et la jalousie entre fratrie à une époque marquée par la misère et l’oppression.

    « À l’école, où elle n’a pas de petite amie, les garçons l’ont surnommée la "patte de gin". » (p. 60)

    « Toujours en mal d’aimer et d’être aimée, l’attitude d’Hélène s’explique par la jalousie qui la possède. Selon elle, Sylvia a eu beaucoup de chance à Winnipeg, une chose qu’elle n’arrive pas à s’expliquer. » (p. 193)
     
  • Narratrice participante dans le prologue, et omnisciente dans les chapitres de l’œuvre.

Langue

  • Registre courant dans l’ensemble de l’œuvre. Emploi de l’italique pour accentuer certains passages (p. ex., pensées des personnages, mots empruntés d’autres langues, correspondance).

    « Pourquoi, se demande-t-elle pour la centième fois, mon père m’a-t-il obligée à marier Cléophas Beaulieu? J’aimerais savoir ce qu’il en pense s’il me regarde du haut du Ciel. » (p. 37)

    « Dévorée du désir d’absorber dans sa petite tête le contenu des livres qui l’entourent, elle besogne ferme et, très souvent, dresse l’oreille aux explications destinées à la troisième division. » (p. 52)

    « Celle qui semble posséder toutes les sciences infuses depuis qu’elle habite Winnipeg se prononce ex cathedra sur tout. » (p. 157)
     
  • Figures de style (p. ex., hyperbole, comparaison) qui illustrent les idées et les expressions idiomatiques qui reflètent le contexte social du récit.

    « - J’avais pourtant assez de quatre femelles, lance-t-il à la sage-femme qui lui montre un bébé hurlant à réveiller les morts du cimetière. » (p. 36-37)

    « En voyant une servante traverser la salle à manger, elle eu la preuve évidente de la richesse de sa sœur qui vivait dans le luxe, en un temps où la plupart des Manitobains tiraient le diable par la queue. » (p. 148)

Référents culturels

  • Œuvre qui porte sur la vie d’une famille francophone rurale du village Saint-François-du-Lac au Manitoba, ainsi que l’établissement de familles européennes issues de pays de la francophonie (p. ex., Belgique).
  • Mention des lois manitobaines concernant l’usage du français dans le domaine de l’éducation.

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à faire une recherche sur l’histoire de l’établissement de familles francophones dans les Prairies canadiennes, afin de mieux saisir le contexte sociolinguistique du roman.
  • Amener les élèves à réfléchir sur le comportement des personnages importants du roman (p. ex., Sylvia, Hélène, Cléophas, Elsie, Jacques, Edgar) et sur les conséquences de ces choix sur leur propre destin et celui des personnages qui les entourent.
  • Proposer aux élèves de préparer un exposé sur les retombées de la Grande Dépression (p. ex., l’économie, l’immigration au Manitoba, la Deuxième Guerre mondiale, le statut des femmes).

Conseils d'utilisation

  • Tenir compte que l’œuvre aborde des sujets et des thèmes délicats dont le rejet du père, la violence conjugale et la prostitution. Elle comporte aussi des préjugés fondés sur les apparences et les handicaps, mais ceux-ci ne sont ni banalisés ni gratuits puisqu’ils reflètent le contexte socio-historique et le fondement même de l’œuvre.


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