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Faux-fuyants

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Aperçu

On quitte un lieu pour un autre. On abandonne son enfance ou celle-ci nous fait faux bond; l’âge adulte nous guette au détour de l’adolescence en bataille. C’est connu : on peut fuir, mais on ne peut se fuir. Vivre, c’est survivre à un enfant mort en soi, a écrit Jean Genet.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Recueil de poésie en vers libres, à fortes connotations canadiennes et franco-ontariennes.

    « Tu te rappelles son visage vert, cadavérique et métallique
    comme le vieux et le nouveau dollar canadien
    comme les semblants de réservoirs qui couronnent Sudbury… » (p. 13)

    « Dans une mine, en banlieue de Kirkland Lake :
    une myriade de sacs de plastique vert et blanc,
    déposés en forme de lys et de trille, flamberont
    perpétuellement » (p. 38)
     
  • Plusieurs poèmes (p. ex., La feuille d’érable, BLANC, Sang de vin neuf, Faux-fuyants) exploitant des thèmes liés au quotidien en Ontario français parmi lesquels on retrouve le fait d’être francophone minoritaire, la fermeture de papeteries et la valeur de la langue française.
  • Descriptions imagées, symboles et connotations permettant à la lectrice et au lecteur de se situer dans le temps et le lieu et de vivre les expériences relatées par l’auteur.

    « J’arrive à Sudbury par la rue Paris
    Je viens y chercher mon avenir
    Il fait nuit
    Toutes les voitures sont noires
    J’entre au Tim Horton’s, mais je sais qu’il n’y sera pas… » (p. 17)

    « L’existence
    est un cours de français : 
    quand retentit le glas et que prend fin la diégèse,
    il ne reste que les mots » (p. 29)

    « Une heure
    La durée du parcours entre Hawkesbury et le Forum
    Dans un K-car gris et bosselé comme l’autoroute 40,
    je suis au côté de mon père
    qui conduit comme un homme en retard sur sa vie » (p. 41-42)
     
  • Nombreux poèmes en « Je », permettant de se mettre dans la peau du poète, de vivre ses expériences et de ressentir ses émotions.

    « Je regarde la télévision vélléitaire » (p. 36)

    « J’espère y retrouver ma mère » (p. 52)

Langue

  • Variété de structures syntaxiques et nombreux jeux de mots ajoutant à la complexité du texte.

    « Je reprends la route Transcanadienne,
    la rance déroute canadienne
    Je n’écris pas ce poème
    je le vis
    autant
    au temps
    que je le meure
    Hawkesbury et Sudbury jouissent de la même terminaison
    d’enterrement
    Peine capitale » (p. 15)
     
  • Procédés poétiques (p. ex., rime, répétition, vers libre) et plusieurs figures de style (p. ex., comparaison, métaphore, allusion, symbolisme) permettant d’apprécier le style de l’auteur.

    « […]
    Seulement, ta feuille d’érable n’est pas rouge
    rouge, c’est vif
    rouge, c’est vivant
    rouge, c’est un symbole » (p. 12)

    « Je remonte l’oubli comme on remonte une montre » (p. 25)

    « Je suis un ver blanc
    qui infeste le péritoine, le patrimoine canadien » (p. 38)

    « Ma tête heurte le hublot
    comme un oiseau déjà mort
    comme une pendule qui a découvert l’absurdité de sa fonction
    à quatre heures du matin » (p. 49)
  • Champs lexicaux variés dont plusieurs liés à la communauté francophone de l’Ontario (p. ex., langue, CANO, minorité, français, Nuit sur l’étang) et vocabulaire riche, voire recherché.

    « Et les images transmigrent comme ta langue
    dans la bouche d’une Franco-Ontarienne » (p. 30)

    « Les amulettes maculent la neige
    comme les escarbilles noires sur un chat blanc
    tessons de bleu en noir et blanc. » (p. 58)
     
  • Registre de langue courant, parfois populaire, comportant plusieurs mots en anglais, ce qui est représentatif du langage franco-ontarien.

    « "C’est la fight de notre drapeau!" » (p. 36)

Pistes d'exploitation

  • Discuter, en sociologie, de la vision pessimiste de certains poèmes du recueil face à la survie de la minorité franco-ontarienne.
  • Inviter les élèves à créer une vidéo ou à préparer des collages pour représenter un poème de leur choix et faire ressortir les référents culturels de ce dernier.
  • Profiter des nombreux clins d’œil faits à des sites de l’Ontario pour inciter les élèves à composer des poèmes par rapport à leur communauté.

Conseils d'utilisation

  • Intégrer certains poèmes choisis dans le programme d’études de la 9e à la 12e année, mais présenter tout le recueil aux élèves de 12e année.
  • Porter une attention particulière aux poèmes à présenter aux élèves en raison, entre autres, de l’emploi de certaines images et d’un langage cru (p. ex., l’image de la prostituée dans Le hanneton).
  • Inviter les élèves à être attentives et attentifs aux jeux de mots que le poète affectionne particulièrement et qui lui permettent de peindre la réalité d’une façon imagée.


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