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Ce pays qui est le mien

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Aperçu

Ce pays qui est le mien est une histoire haletante où les personnages se croisent dans une course folle, souvent la nuit. Un chauffeur de taxi affublé du nom d’Apollinaire, médecin dans son pays d’origine, court soigner des malades et néglige sa famille. Parmi ses fréquentations, un ancien tortionnaire passionné de scrabble, un sidéen qui s’éclaire à la lampe-tempête et toute une faune de personnages essayant de comprendre ce que la vie signifie pour eux dans ce pays qui est le leur.

De ce récit, suintent la déception d’immigrants incapables de pratiquer leur métier dans leur nouvelle patrie et les remords de certains d’entre eux hantés par leur lâcheté avant le pays enneigé. Pourtant, cette traversée en taxi dans l’univers de l’immigrant torontois est parsemée d’humour quelque peu grivois, de musique entraînante, d’anecdotes cocasses et surtout d’un amour insatiable de la vie.

Avec Ce pays qui est le mien, Didier Leclair signe une critique socio-politique cinglante et sans compromis.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Un personnage principal, Apollinaire, médecin immigré au Canada, entouré de nombreux personnages déracinés et désabusés, entre autres son épouse Adèle, ses amis Philibert et OMS et le capitaine Koumba, ancien tortionnaire en Afrique.

    « Le couple gagnait sa vie difficilement, péniblement. Adèle était femme de ménage dans un hôtel de Toronto. Lui, travaillait pour une compagnie de téléphone, au service à la clientèle. Mais il changeait fréquemment d’emploi. Quand ce n’était pas une agence de voyage, c’était une pizzéria ou encore une compagnie de livraison. En Afrique, il avait pratiqué la médecine. Au Canada, il n’avait pas le droit d’exercer son métier. » (p. 11)

    « Il s’appelait Jean de Gonzague. Tout le monde l’appelait "OMS". C’était un orphelin qui avait été adopté par un Canadien, fonctionnaire de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). » (p. 69)

    « Elle parlait du capitaine Antoine Koumba, ancien agent de police, détaché à la Présidence de la République. […] Ses yeux étroits, pleins de malice, restaient fixés sur la consommation. […] Il faisait peur à tout le monde. La crainte des gens provenait de sa réputation d’ancien tortionnaire. Elle faisait frémir les plus durs à cuir. » (p. 111)
     
  • Intrigue vécue dans un quartier anglophone de Toronto, racontée par un narrateur omniscient; divers procédés narratifs dont l’utilisation du discours direct et indirect et de retours en arrière.

    « Apollinaire. qui était arrivé à son domicile, se remémora un cas médical encore bouleversant. Une appendicite aiguë. La patiente avait à peine trente ans. C’était une "ambitieuse" de la tête aux pieds. Elle en avait tellement mis que les pommettes de son visage étaient devenues presque roses. La jeune femme avait un teint translucide. Après l’opération, Apollinaire ne put recoudre sa peau. Elle s’effilochait à chaque fois qu’il tentait d’effectuer des points de suture. Le médecin murmura le nom de ce qui causa sa mort : "péritonite aiguë, saignement interne et infection". L’ambition avait quelquefois un goût mortel en Afrique. » (p. 25)

    « Apollinaire resta bouche bée. Il venait de comprendre que la colère qui l’habitait, se trouvait aussi dans le cœur d’Adèle. Elle était contaminée par les mêmes relents de haine que lui. Cette gangrène ne ferait qu’une bouchée de leur mariage, pensa-t-il. Il fallait réagir vite. Mais il n’avait plus de force. Il ne voyait qu’une seule solution, fuir. » (p. 93)
     
  • Des thèmes nombreux (p. ex., l’échec, la violence, le choc culturel, la médecine, le mariage).

    « Il ne voulait pas lui dire que l’interaction, dans ce pays, elle se faisait sans accolade et que les salutations journalières ne s’éternisaient pas. Il ne tenait pas à être le porteur de mauvaises nouvelles en confirmant que la récréation n’existait pas pour un pauvre dans ce pays nordique, et que la promotion d’un Noir ressemblait souvent à un exploit. » (p. 64-65)

    « Il fallait partir au plus vite. Il avait pris cette décision, le jour où il avait réalisé que de frapper Adèle lui aurait fait du bien. Rouer de coups cette femme qui lui répétait sans cesse qu’elle avait épousé un médecin et rien d’autre. Un coup de poing et la faire taire. Juste un instant. Le silence. La paix. Les murs étroits semblaient se refermer sur lui quand elle criait. » (p. 85)

    « Ce qui avait déçu Apollinaire, c’était de réaliser que le pays de cocagne qu’il imaginait n’existait pas. Les vendeurs de rêves qui travaillent pour le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada l’avaient volontairement induit en erreur. Il n’y en avait nulle part de pays de rêve. Sa naïveté l’embarrassait beaucoup maintenant qu’il avait ouvert les yeux. » (p. 115)

Langue

  • Le plus souvent, registre de langue courant; registre soutenu et registre familier dans quelques séquences dialogales.

    « Les silhouettes fossilisées dans le silence caverneux du sous-sol imploraient l’obscurité de perdurer, la neige de continuer à saupoudrer les rues intestines et les étoiles de briller sans relâche pour les âmes épuisées. » (p. 9)

    « - Apo le doc, ça fait un bail. Ton mec, y va pas mieux. Sort pu de chez lui. Il fait pitié, man. » (p. 68)

    « - Je ne suis pas de votre avis, répliqua le médecin.
    - Voyons, ne soyez pas ridicule.
    Koumba précisa :
    - Aux yeux des Blancs, à trois heures du matin, nous sommes identiques. Notre passé n’a plus aucune importance. Notre avenir non plus d’ailleurs. Vous n’auriez jamais osé me demander un tel service au pays.
    - C’est vrai. Je ne vous aurais rien demandé. Mais je me moque de la perception des autres à trois heures du matin, Blancs ou pas. Je suis ce que je suis et vous êtes autre chose. C’est d’ailleurs pour ça que je peux vous faire face. Si j’étais resté en Afrique, je ne donnais pas cher de ma peau. » (p. 122)
     
  • Figures de style nombreuses (p. ex., comparaison, métaphore, énumération, personnification).

    « Leurs critiques venimeuses, véritables fouets de contremaître, vous lacéraient le moral. » (p. 48)
     
    « Cette rescapée de l’apartheid lançait ses mots comme une prêtresse éparpillerait des perles mystérieuses. » (p. 101)

Pistes d'exploitation

  • Étudier, en études canadiennes et mondiales, diverses lois qui traitent de l’immigration et du travail.
  • Proposer l’étude de la musique africaine et des artistes tels Fela Anikulapo Kuti, Makeba, Manu Dibango, Tshala Mwana et Francis Bebey.
  • Rédiger, dans un cours de français, une lettre d’encouragement à quelqu’un qui nous est cher et dans le besoin, dans le but de l’encourager à surmonter les obstacles difficiles auxquels il fait face.

Conseils d'utilisation

  • Faire une recherche sur les lois canadiennes relatives à l’immigration et à l’emploi avant d’aborder le roman.
  • Offrir l’occasion aux élèves qui viennent d’un autre pays de partager leurs inquiétudes et leurs difficultés d’adaptation, le cas échéant.
  • Situer le roman sur les plans démographique et géographique et aborder, au préalable, les thèmes de la violence physique, de l’immigration, des préjugés et de la sexualité explicite.


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