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Disparition sous le baobab

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Aperçu

Deux ans! Béa doit passer les deux prochaines années au Burkina Faso avec ses parents. Elle déteste ce pays étrange où il y a trop de soleil, trop de poussière et trop de lézards. Heureusement, la situation s'améliore quand elle se fait de nouveaux amis, notamment une vendeuse d'arachides et son adorable petit-fils. Mais voilà que Béa fait un échange irréfléchi, qui déclenchera un drame mystérieux…

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Personnage principal, Béa, fillette québécoise, qui a du mal à s’adapter à son nouveau pays, mais qui apprend tranquillement à le découvrir et à l’aimer; plusieurs personnages secondaires, dont ses parents, Dieudonné, le jardinier à la patience d’or, Awa, la vieille dame qui vend des arachides, Amadou, le petit-fils d’Awa, Kadi, la grande sœur d’Amadou, ainsi que Bernadette, Myriam et Habiba, ses copines de classe.

    « Béa déteste l’Afrique. Ici, le soleil brûle les yeux. La chaleur, constante et intense, lui donne des boutons dans le cou. La poussière la fait tousser. Elle n’aime pas le Burkina Faso, ce pays trop beige, trop plat. Trop de sable, pas assez de verdure. » (p. 15)

    « Elle a aussi envie de mordre ses parents. […] Pourquoi ce besoin bizarre de venir soigner des gens en Afrique? » (p. 24)

    « Dieudonné s’arrête enfin près d’une vieille femme, assise devant une table basse couverte de petites piles d’arachides. La femme a un œil qui louche et une bosse dans le dos.
    - Voici Awa. Elle ne parle pas français, mais elle comprend les rires et les larmes.
    […]
    Elle enlève sa bosse et pose un paquet tout chaud, tout doux, sur les genoux de Béa. Un bébé endormi. […]
    - Il s’appelle Amadou, dit le jardinier. » (p. 27-28)

    « Voici son plaisir de l’après-midi : passer du temps avec ses nouvelles copines. Elles sont trois : Bernadette de Belgique, Myriam du Maroc et Habiba du Liban. » (p. 30)

    « La vieille se tourne vers Béa, pointe du doigt la fille en orange et annonce : Kadi!
    - Salut Kadi! dit Béa. Tu dois être la petite-fille d’Awa. Dieudonné m’a parlé de toi. » (p. 36)
     
  • Histoire palpitante qui se déroule dans un contexte réel, soit Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, où s’enchaînent plusieurs péripéties teintées d’humour et de mystère; intrigue captivante qui incite le lectorat à réfléchir et à prendre conscience de ce qui se passe en Afrique; sujets pouvant intéresser autant les garçons que les filles (p. ex., peur du changement, pauvreté, amitié, baobab, disparition, entraide).

    « Béa s’approche, mais pas trop. D’une voix de souris, elle risque :
    - Peut-être que quelqu’un a kidnappé le bébé pour une rançon?
    - C’est quoi une rançon?
    - Un gros montant d’argent qu’il faut payer aux kidnappeurs pour qu’ils libèrent la victime.
    Kadi lève les yeux au ciel et soupire d’impatience.
    - Qui voudrait kidnapper mon frère? Ça crève les yeux qu’on n’a pas un sou. » (p. 92-93)

    « - Kadi! Tu as quel âge?
    - Sais pas.
    - Tu ne sais pas ton âge? Impossible!
    - Personne ne me l’a jamais dit!
    […]
    - Si tu ne sais pas ton âge, quand fêtes-tu ton anniversaire?
    - Je ne le fête pas.
    - Jamais?
    - Jamais.
    - Jamais de cadeaux, jamais de gâteau?
    Kadi fait non de la tête. Béa n’en revient pas.
    - […]
    - Jamais allée à l’école? Jamais de toute ta vie?
    Béa la regarde comme si elle la voyait pour la première fois. Kadi hausse les épaules, l’air résigné.
    - Pas de sous, pas d’école.
    - Tes parents n’ont pas d’argent?
    - Mes parents sont morts quand j’étais petite.
    - Morts? Alors Amadou n’est pas ton frère?
    - Ses parents sont morts aussi. Awa l’a adopté. Donc, maintenant, c’est mon frère. » (p. 106-107)
     
  • Texte dégagé, généralement pleine page, divisé en 19 chapitres titrés et numérotés; grosseur de police d’écriture adaptée au lectorat visé; dédicace de l’auteure et proverbe burkinabé, au début de l’œuvre; quelques ajouts à la fin de l’œuvre, dont un glossaire, un résumé de trois œuvres de la même auteure, une liste d’œuvres de la même auteure et quelques renseignements sur l’auteure.
  • Nombreux éléments graphiques (p. ex., deux-points, guillemets, tirets, points de suspension, caractères italiques, majuscules, tirets, titres des chapitres en majuscules et en caractères gras, petite illustration d’un baobab indiquant un changement de scène) qui facilitent la compréhension du texte.

    « Voici son plaisir du soir : dans l’obscurité de sa chambre, elle joue à un petit jeu qui tient à distance le mal du pays. Elle s’amuse à traquer les geckos avec sa lampe de poche. » (p. 31)

    « Béa s’avance discrètement vers le baobab. […] Elle passe doucement sa main sur le tronc argenté. Elle aime sentir l’écorce si lisse sous ses doigts. "C’est un roi", pense-t-elle. » (p. 41-42)

    « On pourrait lui demander ce qu’elle - une nassara! - fait avec un bébé africain. » (p. 76)

    « - Euh… je voudrais… euh… te demander une petite chose…
    - Quoi encore? s’impatiente Kadi.
    - De ne plus m’appeler nassara. Mon nom, c’est Béa. » (p. 96)

    « Non! Il ne faut pas punir Kadi! interrompt Béa. C’est ma faute! Ma faute À MOI…, répète-t-elle. » (p. 136)

Langue

  • Registre de langue courant dans l'ensemble de l'œuvre; emploi de quelques mots nouveaux expliqués dans le glossaire (p. ex., moré, paludisme) ou définis dans le texte (p. ex., bissap, nassara); emploi occasionnel d'expressions familières, de mots anglais et de mots composés inventés (p. ex., le-plus-tout, arbre-bouteille, couche-pagne), compréhensibles à l'aide du contexte.

    « Tandis qu'Awa se concentre sur sa collation, Béa s'amuse avec Amadou. Elle le berce et le cajole. […] Elle s'entraîne à prendre soin du plus beau bébé du Burkina. » (p. 32)

    « - Mon jus préféré : le bissap. Fabriqué avec des fleurs d'hibiscus. Comme celles que tu as jetées dans la piscine. » (p. 33)

    « - Le baobab est une sorte d'arbre-bouteille. Il peut emmagasiner plus de 120 000 litres d'eau. Son tronc agit comme une éponge; quand il pleut, l'arbre absorbe l'eau et le tronc gonfle. » (p. 44)
     
  • Emploi de phrases de base, de phrases transformées et de phrases à construction particulière; plusieurs phrases courtes, voire elliptiques; nombreuses phrases exclamatives, interrogatives et impératives traduisant les émotions et les éclats de voix dans les dialogues.

    « En apercevant Béa, la fillette aux tresses en pics s'écrie :
    - Où est mon frère?
    À bout de souffle, tremblante, Béa n'arrive pas à répondre.
    - Où est mon frère? répète Kadi plus fort.
    - Viens! Vite!
    […]
    Kadi la saisit par les épaules et lui crie :
    - Où est mon frère?
    Béa sanglote.
    - Sais pas… Comprends pas. Il a… disparu.
    - Disparu?! Il ne peut même pas marcher!
    Le ciel vire au noir. Des éclairs lancent leurs zigzags au-dessus des deux fillettes. Kadi tape du pied et frappe la tête de Béa avec son index.

    - Il y a quoi là-dedans? Rien? Tu as une calebasse vide au lieu d'une tête! » (p. 88-89)
     
  • Nombreuses figures de style variées (p. ex., interjection, comparaison, personnification, énumération, répétition, anaphore, antithèse) et expressions imagées qui enrichissent le texte et permettent d'apprécier le style poétique de l'auteure.

    « Béa rougit. Dieudonné sourit.
    - Oh! ton visage est aussi rouge qu'un hibiscus. » (p. 33)

    « La fillette a l'impression que le vieux baobab ricane, qu'il se moque à son tour. » (p. 45)

    « Elle se tourne vers Dieudonné et lui déclare solennellement :
    - Tu es le plus gentil, le plus intelligent, le plus patient, le-plus-tout! » (p. 52)

    « Allo?! Il y a quelqu'un? Il y a quelqu'un?
    Pas de réponse. Personne. Personne pour lui dire comment apaiser un bébé affamé. Personne pour lui dire comment consoler un poupon inconsolable. » (p. 81-82)

    « La nuit arrive à pas de loup. » (p. 105)

    « Du haut de ses vingt mètres, il observe les deux têtes rapprochées, la blonde et la noire. Ce doit être ça l'amitié : deux jambes blanches et deux jambes brunes dans un même pan de robe. » (p. 122)
     
  • Séquences descriptives apportant des précisions sur les lieux, les événements et les personnages.

    « Dans la forêt, il fait encore plus noir que sur la route. Cette fois, Béa ouvre la marche et Kadi suit. Elles entendent des bruits inquiétants, devinent des mouvements mystérieux dans l'obscurité. Les branches des arbres ressemblent à de longues mains crochues…
    […]
    Béa s'avance jusqu'au baobab, en fait le tour. Dans l'enchevêtrement de racines où reposait Amadou, il y a… des racines. Rien que des racines. Pas de robe souillée. Pas de message. Aucun signe des gens qui ont emmené le bébé.
    Tout le malheur du monde pèse sur les épaules de Béa. Elle ferme les yeux, presse son visage contre l'écorce lisse. Si seulement le baobab pouvait parler, lui dire qui a pris le bébé. D'un pas lourd, elle retourne vers Kadi. » (p. 117-118)
     
  • Nombreuses séquences dialoguées permettant de mieux comprendre les états d'âme des personnages ainsi que les relations entre eux.

    « Les filles contemplent le ciel en silence. Béa dit tout bas :
    - Je n'ai jamais eu d'amie africaine.
    Le nez toujours en l'air, Kadi ne bronche pas.
    - Tu as déjà eu une amie blanche?
    - Non.
    Béa hésite, puis lance sa question, espérant qu'elle ne tombera pas dans le vide.
    - Est-ce qu'on pourrait être amies, toi et moi?
    Kadi grimace.
    - Impossible.
    - Pourquoi?
    - Tu as ton école, tes cours de tennis, ta piscine, tes copines blanches… Moi, j'ai une robe sale et des arachides à vendre. Parfois, j'ai aussi des poux.
    - Arrête de parler tout le temps de ma piscine ou de mon frigo. Ça n'a rien à voir avec l'amitié.
    Kadi soupire :
    - Tu ne comprends rien nassara…
    - Arrête de m'appeler nassara!
    - Béa, tu ne vois donc pas qu'une amitié entre celle-qui-a-tout et celle-qui-n'a-rien, c'est comme une amitié entre un hippopotame et une fourmi? Impossible et impensable. » (p. 126-127)

Référents culturels

  • Références à la francophonie canadienne (p. ex., Québec, sucre à la crème).
  • Références à la francophonie internationale :
    - pays où l'on parle le français (p. ex., France, Burkina Faso, Liban, Maroc, Belgique);
    - enfants de 32 pays, qui parlent le français avec 32 accents différents.

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves, réunis en équipes, d'effectuer une comparaison de Béa et Kadi (p. ex., traits physiques, traits de personnalité, expériences de vie), puis de la présenter sous forme d'un diagramme de Venn. Les inviter à présenter leur diagramme au groupe-classe, puis à l'afficher dans la salle de classe.
  • Inviter les élèves, regroupés en dyades, à rédiger un haïku intitulé Le baobab, puis à le présenter au groupe-classe. Afficher les poèmes dans l'école.
  • Proposer aux élèves, réunis en dyades, d'effectuer une recherche dans Internet sur le Burkina Faso, puis de présenter leurs découvertes sous la forme d'un dépliant touristique. Les inviter à présenter leur dépliant à un autre groupe-classe du cycle moyen. Encourager les membres de l'auditoire à poser des questions à la suite de chaque présentation.
  • Lors d'un cercle de discussion, inviter les élèves à expliquer la signification du proverbe burkinabé présenté au début du roman (p. ex., Des personnes de différentes cultures peuvent entretenir une amitié. Des biens matériels n'ont aucune importance pour de véritables amis.), puis à faire des liens avec le texte et leurs expériences personnelles.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, situer, sur une carte géographique, le Burkina Faso et la ville d'Ouagadougou.
  • Expliquer le fonctionnement du diagramme de Venn (p. ex., ressemblances dans l'espace commun, différences dans chaque cercle).
  • Présenter les caractéristiques du haïku et du dépliant touristique afin d'en faciliter la rédaction.
  • Présenter les règles du cercle de discussion afin d'en assurer le bon déroulement.
  • Noter que le roman Disparition sous le baobab est une réécriture du roman La disparition du bébé chocolat. Andrée Poulin s'est inspirée des impressions et commentaires de plusieurs élèves pour faire des changements au texte. Elle a aussi réécrit certains passages pour les rendre plus lyriques.
  • Consulter le site Web de l'éditeur pour accéder à une fiche d'exploitation pédagogique téléchargeable gratuitement.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 5e à 12e année, Série : Raphaël, citoyen du monde, Karité, le beurre de l'espoir - Burkina FasoMoringa, combattre la malnutrition - Burkina Faso.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 2e à 5e année, Série : Montre-moi ton école, Mon école à la Réunion.


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