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À vif tel un circoncis

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Aperçu

Quelque part entre le lit d'hôpital et l'avion, À vif tel un circoncis nous invite à une exploration poétique de l'univers complexe de la jeunesse actuelle. Animé par un désir pressant d'écrire, Éric Cormier interroge les idées reçues par le truchement d'images percutantes où l'ironie et l'humour viennent souvent ponctuer son propos.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Recueil d’une cinquantaine de poèmes titrés, de longueurs variées, peu ponctués et rédigés en vers libres.

    « Des rêves qui planent
    sur un sentiment échoué
    sur la plaine vivante
    la vie est une aventure
    dans laquelle je me suis perdu. » (p. 9)

    « tu t’enfuis
    cours
    tombe [sic]
    te regardes et meurs

    à nouveau. » (p. 81)
     
  • Poésie introspective et surréaliste explorant l’univers d’une jeunesse tumultueuse et de la jeunesse actuelle.

    « Justement j’étais là
    dans une station service
    emporté par la nonchalance
    l’ivresse de mes pensées

    j’ai vu Shédiac
    le premier gazon du printemps
    j’ai découvert une pensée psychiatrique
    dans un champ d’alcool
    je bats des ailes pour fuire [sic] une réalité
    encore plus grande

    grâce à toi. » (p. 25)

    « C’est reparti
    je déménage à nouveau
    dans un asile
    encore plus fou
    encore plus psychiatrique
    que celui-ci » (p. 34)

    « l’attente d’être servi
    les longues files
    pour de la bouffe qui décompose
    les bouteilles de pepsi
    au côté des bouteilles de rhum
    et puis des escaliers
    qui descendent et qui tombent
    trop rapidement. » (p. 56)

    « JE
    décris ma délivrance
    entêtée
    déséquilibre hormonal
    remèdes
    que je devienne humain
    dans ce monde de fou
    pour que le sacrifice ait lieu

    appelé à être
    comme cet homme
    qui vend sa crise d’organes vitaux » (p. 71)
     
  • Textes poétiques laissant souvent place à un narrateur participant exprimant, au nom de la jeunesse, ses peurs, ses rêves, ses états d’âme souvent empreints du mal de vivre et de l’amour perdu ou impossible.

    « Je roule de mes jambes sur un pavé
    enlevé de son nid
    faire une besogne sur cette étrangère

    j’écoute mes oreilles fermées
    ma brain explose
    je pense gentiment à cette fille
    qui joue de la flûte
    de son bec mouillé
    sur le sable on marche
    à la recherche de mon cœur
    je me quitte
    salut!
    cherchez-moi plus » (p. 35)

    « j’ai mal à la peur du ventre
    au travers la tendre peau
    la peur
    la vie
    ou alors
    la peur de la vie
    ma tête sombre dans le vide profond
    mes mollets sont l’ombre
    de mes mensonges » (p. 52)

    « Toi
    une réalité
    absente

    toi
    pour des chances
    de recommencer à nouveau

    toi
    les gens perdus
    ma vie chantée

    toi
    tu y vois quelque chose?

    on m’avait dit de ne plus rêver
    car le rêve a souvent mal. » (p. 109-110)
     
  • Allusions fréquentes à la psychiatrie, à l’hôpital et à la folie tout au long des textes poétiques.

    « Soirée si calme
    si paisible
    quand soudain
    code vert en psychiatrie
    whatever
    je care pas » (p. 27)

    « cette peur bleue
    de souvenirs
    en délire
    sur mon lit
    d’hôpital » (p. 28)

    « Tous les poètes sont déclarés fous
    avant leur morts [sic]
    étranges paroles
    mais réalistes
    crève moucheron
    et tu seras célèbre » (p. 59)

Langue

  • Registre généralement soutenu dans l’ensemble de l’œuvre faisant place à quelques passages de registre familier, parfois cru; utilisation occasionnelle de paroles anglaises parfois mises en relief par l’italique.

    « Nous pénétrons l’attente
    un ciel couvert de larmes
    du sang envoyé par pulsion
    jusqu’aux étanchéités nocturnes

    je suis soumis à une misère incompréhensible. » (p. 10)

    « Carré rouge et bleu
    sur mes skis
    et mes raquettes
    soleil...
    pousse la switch
    tu me blind
    de ta lumière » (p. 30)

    « ma vie c’est beau
    quand on s’en calice
    mon porte-clef
    sert plus à rien
    j’ai même pas de clefs
    qu’est-ce que je dis là
    j’ai même pas de char
    je suis couché debout » (p. 36)
     
  • Figures de style enrichissant les images (p. ex., comparaison, métaphore, personnification) et côtoyant l’humour subtil et l’ironie.

    « je marche
    d’une plume bleue
    comme l’océan
    comme mes larmes
    je caresse l’avenir à quatre pattes
    sur le pavé » (p. 11)

    « Dépression nerveuse
    du psychiatre
    qui fume
    sans arrêt
    pour ensuite
    enfermer
    des gens
    qui sont en délire
    dans sa tête. » (p. 33)

    « je n’oublie rien
    sauf ce train de mémoire
    je ne reviens plus
    les yeux bouchés on dort pas sur la réalité » (p. 36)

    « Porte cinq chandails
    et personne ne verra
    tous les os de ton corps

    ah! comme je me suis dit ces phrases
    quand j’étais jeune
    ah!
    comme j’ai eu chaud. » (p. 41) 

    « la souffrance n’a plus aucune définition
    tes phrases écrasent mon regard
    d’une sensibilité précoce » (p. 60)

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à discuter, en petits groupes, de la forme des poèmes de ce recueil (p. ex., absence de forme fixe, de rimes, de ponctuation, de régularité dans les strophes); comparer cette forme de poésie à d’autres formes déjà étudiées.
  • Proposer aux élèves de comparer, à une table ronde, leur vision de la jeunesse actuelle à celle d’Éric Cormier.
  • Demander aux élèves de s’inspirer des thèmes présentés dans l’œuvre afin de rédiger un poème exprimant leur vision de la jeunesse actuelle.

Conseils d'utilisation

  • Présenter aux élèves les principales caractéristiques et le style de la poésie contemporaine pour leur permettre d’apprécier une forme de poésie moins conventionnelle.
  • Lire à haute voix certains poèmes choisis afin d’en faciliter la compréhension.
  • Choisir quelques poèmes et en faire une analyse détaillée et dirigée pour en proposer une interprétation.
  • Accorder une attention particulière au traitement des sujets délicats présentés dans l’œuvre (p. ex., maladie mentale, sexualité, déception amoureuse).


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