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C'était écrit

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Aperçu

Le titre de ce recueil de nouvelles, C’était écrit, porte à s'interroger sur les conséquences - inéluctables? - de nos actions. Aussi, le lecteur, à la vue de la destinée que les personnages se construisent en réaction aux circonstances, pourrait-il s'attendre à un dénouement prévisible. Mais la vie prend parfois des tournants insoupçonnés et les nouvelles, des fins imprévues.

Tissant la fiction à des fragments de l'Histoire et à la mémoire individuelle et collective, C’était écrit incite le lecteur à réfléchir aux retombées de la colonisation et de l'esclavage, aux affres de la guerre, de la violence masculine et des catastrophes naturelles.

Une écriture généreuse qui offre au lecteur le plaisir du style, les joies tourmentées de l'aventure et un questionnement sur le sens de l'Histoire (et des histoires).

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Cinq nouvelles explorant l'identité féminine; personnages principaux présentés comme femmes oubliées, isolées, révoltées ou rebelles; personnages secondaires, presque toujours masculins, et le plus souvent antipathiques.

    « Mamie me [la narratrice] racontait aussi ces jours lointains où, jeune fille, elle devait se battre pour aller à l’école, à une époque où les études étaient réservées aux garçons. » (p. 59)

    « Mon Dieu, il va me [Kate] violer, me voler, me traîner jusqu’à son antre, me tuer. Que pourrais-je lui donner qu’il s’en aille? » (p. 86)
     
  • Mémoire d'autre part; histoires qui s'inspirent de faits divers historiques et de récits venus d'ailleurs, tirés de la vie individuelle et collective.

    « À la longue, les gens se détournent sur son passage ou changent de trottoir. Même ses parents sont frappés par l’ostracisme d’une communauté qui avance que Fatima est un signe du mécontentement d’Allah et qu’un seul regard d’elle vouerait sa victime à une malchance absolue. […] Les commis se liguent contre eux [Fatima et ses parents]. » (p. 11)

    « Îles du Cap Vert, jeudi 31 juillet 1721. La Diane mouilla enfin en rade, suivie de près par L’Atalante; le soleil commençait tout juste sa descente. » (p. 25)
     
  • Narrateur parfois omniprésent, parfois témoin, parfois participant selon la nouvelle littéraire.

    « Mon regard croisa sur le pont une paire d’yeux d’un noir de jais. L’intensité me [Théodore] transperça l’âme. » (p. 21)

    « Pour la première fois de son existence, semble-t-il, s’élève en elle un farouche désir de protection, une pâle lueur d’affection qu’on ne peut encore appeler amour maternel. » (p. 44)

    « J’ai noté [Mamie] ce récit en vrac, comme on me l’a raconté avec ses silences, ses non-dits et ses scènes de la vie de tous les jours. Je le connais pour l’avoir entendu, pour l’avoir écrit. Ce soir, je voudrais entendre ta voix nous le redire. Lis-le comme un témoignage des mamans et grands-mamans qui nous ont précédées. » (p. 60)

Langue

  • Registre le plus souvent soutenu dans la narration, mais parfois familier dans les dialogues.

    « Les sombres venelles de L’Orient, malodorantes après une nuit aux relents de pissat et de poisson avarié, les cris des poissonnières au marché le matin, les écailles poisseuses qui semblaient recouvrir tout le quartier d’une armure irisée et irritante jusqu’à l’écorchure, je pris plaisir à les oublier. » (p. 17)

    « Je signalai la terre du Brésil de la hune et nous mîmes pied à terre. Pendant environ un mois, nous mangeâmes de la nourriture fraîche et, une fois ou deux, des morceaux de viande flottèrent dans la soupe. » (p. 27)

    « - Vas-y mollo, ti-gars. » (p. 92)
     
  • Procédés syntaxiques et stylistiques variés qui enrichissent le texte (p. ex., ellipse, énumération, onomatopée, personnification); touches d'humour notamment dans la nouvelle intitulée "l'Ange noir". (p. 73)

    « Au hammam elle se laisse laver, masser, parfumer. » (p. 10)

    « L’île cependant commençait à tisser sa magie : je la sentais m’amadouer, prendre des ruses d’amante pour me courtiser, se parer de ses arbres en fleur, découvrir modestement ses charmes cachés au premier abord. Elle me séduisait chaque jour davantage… » (p. 36)

    « Silence complet. Du moins, nul bruit humain. » (p. 93)
     
  • Champs lexicaux évoquant divers thèmes (p. ex., femmes, classe sociale, chasse, architecture, esclavage, catastrophe naturelle).

    « Un soir, j’entendis le capitaine s’entretenir avec deux gentilshommes, celui qu’il nomma "mon cher Dupleix" et l’autre que je savais être le Sieur Gast de Hauterive… » (p. 19)

    « Les trappes doivent être visitées, les prises dépecées, les appâts remis. » (p. 48)

    « Elle aimait bien les colonnes néo-classiques, avec leurs guirlandes de feuilles et de fruits moulés, les détails architecturaux sur les frontons et surtout la fine dentelle des fers forgés qui faisaient la beauté de la ville. » (p. 81-82)

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves de récrire la nouvelle Fatima en changeant le point de vue de la narration : Fatima devient narratrice participante.
  • Inviter les élèves à tracer, sur une carte géographique historique, le voyage de Théodore (Madeleine) à bord de L’Atalante.
  • Proposer une recherche multimédia visant à découvrir des histoires et des témoignages touchants et extraordinaires au sujet des survivants de l’ouragan Katrina, en Louisiane, en 2005.

Conseils d'utilisation

  • Compte tenu de la difficulté de lecture, présenter cette oeuvre à un lectorat mature dont les compétences linguistiques sont assez avancées.
  • Remettre les nouvelles en contexte (époque, mentalité, lieu) afin d'expliquer aux élèves certains thèmes délicats (p. ex., violence, racisme, ostracisme).


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