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Alexis d'Haïti

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Aperçu

Alexis, onze ans, et sa mère ont choisi l’exil clandestin. Comme tant d’autres, ils fuient les militaires et la milice qui sèment la terreur et la misère dans toute l’île. Montés à bord d’un rafiot surchargé, ils espèrent voguer vers un pays qui leur offrira asile et liberté. Malheureusement, ils ne sont pas au bout de leurs peines.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

Contenu

  • Un personnage principal, Alexis Jolet, un jeune Haïtien, entouré de plusieurs personnages secondaires parmi lesquels Jérémie, son meilleur ami, Janine, sa mère, Ma Lena, sa grand-mère, et Mathurin, un ami de son père.

    « Alexis ne sait rien de sa leçon. Pourtant, comme à l’accoutumée, il a étudié une bonne partie de la soirée, hier. Mais il a tout oublié. » (p. 5)

    « Rapidement, Jérémie s’esquive. Dans la cour, le front soucieux, il s’adosse à un arbre et attend son ami. » (p. 7)

    « C’est Janine, la mère d’Alexis, qui vient à sa rencontre. Les traits tirés de Janine confirment ses craintes. Il s’est passé quelque chose. » (p. 18)

    « Ma Lena a une façon étrange de répondre aux questions qu’on lui pose. Sa pensée évolue comme des serpentins multicolores qui s’envolent dans toutes les directions. » (p. 54)

    « En file indienne, des voyageurs clandestins arrivent; parmi eux, Alexis reconnaît Mathurin, un ami de son père. Il y avait longtemps qu’ils ne l’avaient vu. La nuit où les soldats avaient emmené Raphaël, Mathurin s’était enfui. Il s’était sans doute caché dans les bois en attendant le jour du départ. » (p. 90)
     
  • Un narrateur omniscient racontant une courte période de la vie d’Alexis, qui fuit la dictature d’Haïti; un narrateur participant, le jeune garçon, qui relate, dans un carnet, son vécu dans un camp de réfugiés en Floride.

    « Ils sont plus de quarante, hommes et femmes, entassés sur un voilier dont la capacité réelle n'excède pas une dizaine de personnes. Alexis est le seul enfant. » (p. 91)

    « Nous n'avons pas le droit de quitter le bloc, au risque d'être punis. Dans le carré à côté du mien, il y a d'autres réfugiés qui parlent espagnol. » (p. 118)

    « Il est interdit de fouiller dans les poubelles. Je ne crois pas que j'aurai la chance de dénicher un autre calepin. Il faudra bien que je trouve un moyen d'écrire... » (p. 124)
     
  • Intrigue menée en deux temps (avant la fuite et après la fuite); ordre chronologique entrecoupé de quelques retours en arrière servant, entre autres, à expliquer certaines situations.

    « Il n’est que quatre heures de l'après-midi. » (p. 9)

    « - Nous partirons samedi, dans la nuit. » (p. 24)

    « Alexis revoit toute la scène, mais surtout le regard de sa mère, cette nuit-là. Un regard épouvanté, qui allait de son père, dont le front ouvert par un coup de matraque saignait abondamment, à lui, tremblant dans un coin. Pendant ce temps, les soldats continuaient à fouiller la maison et à briser ce qui leur tombait sous la main. » (p. 67-68)
     
  • Récit exploitant des thèmes susceptibles d’intéresser les garçons aussi bien que les filles (p. ex., la fuite, la peur, la peine et l’amitié).

    « Mais j’ai peur, Jérémie, peur de partir sans savoir où nous allons et surtout sans savoir où se trouve mon père. J’ai l’impression de l’abandonner! » (p. 22-23)

    « Le front soucieux, Jérémie regarde son ami et se demande comment le consoler. Il a les yeux remplis de larmes. » (p. 42)

    « Alexis est heureux de le revoir, et sa présence le réconforte un peu. En silence, Mathurin le serre très fort contre lui et tend la main à Janine. » (p. 90)

Langue

  • Registre courant, convenant au lectorat visé, dans l’ensemble de l’œuvre; quelques phrases et paroles de chansons en créole suivies d’une traduction en français.

    « Le lendemain, Alexis ne s’est pas présenté à l’école. Seul sur son banc, Jérémie compte les heures. De la fenêtre de la classe, il surveille le chemin menant à l’école, espérant toute la journée l’arrivée de son ami. » (p. 15)

    « - Alors, c’est bien vrai, on empile les maisons les unes par-dessus les autres? Étrange, tu ne penses pas? » (p. 40)

    « Mwen refize pèdi kap
    Je refuse de perdre le nord. » (p. 100)
     
  • Vocabulaire simple; champs lexicaux et sémantiques reliés notamment aux malversations de l’armée et à la navigation.

    « - Le bruit court que les soldats vont revenir. Ils ont prévu une nouvelle invasion, annonce Alexis.
    - Je sais, répond Jérémie. J’ai même entendu papa déclarer que l’armée a l’intention de réquisitionner l’école pour en faire une caserne. » (p. 11)

    « C’est une nouvelle milice qui a pour nom les Léopards, totalement dévouée au président. Jusque dans les bourgs et les hameaux les plus reculés, on arrête les gens, continue à chuchoter Jérémie. » (p. 12-13)

    « Agrippé avec l’énergie du désespoir au gouvernail, le capitaine lutte. Ses manœuvres tentent de détourner les vagues des flancs du navire. Il cherche à se rapprocher le plus possible de la terre ferme espérant ainsi échouer sans dégâts. Et ces vagues, tant et aussi longtemps qu’elles ne seront pas plus déchaînées, loin de lui nuire, servent à ses fins. » (p. 105)
     
  • Figures de style courantes (p. ex., comparaison, métaphore et énumération ascendante) traduisant notamment des sentiments et créant un effet de tension.

    « Lorsque Jérémie tend les bras pour recevoir Précieuse, Alexis sent dans sa poitrine un grand choc, comme si quelqu'un lui assenait un violent coup de poing. » (p. 52)

    « …et le lit, où il se tourne et se retourne inlassablement, est une mer de sable dans laquelle, petit à petit, il se perd. » (p. 65)

    « Le bateau ne tient plus en place, il tangue, roule, se courbe, bondit, rugit au milieu des flots. » (p. 97-98)
     
  • Séquences dialoguées illustrant les moments forts du récit et dévoilant les caractéristiques et le rôle des personnages; séquences narratives et descriptives créant une ambiance parfois oppressante.

    « - Je te le donne. Il est à toi désormais.
    - Oh, Ma Lena, où l’as-tu trouvé? demande Alexis, les yeux brillants.
    - Ce coquillage est magique, je crois, répond Ma Lena. Il est sans doute aussi vieux que le monde et nos peines réunis, il vient de très loin, confie-t-elle, avec un air mystérieux. Il a déjà traversé l’océan d’un bout à l’autre. Il est venu des pays de Guinée*. Son voyage a duré plusieurs mois et l’a mené des côtes d’Afrique jusqu’aux Antilles, dans les poches d’une petite fille qui était l’arrière-grand-mère de mon arrière-arrière-grand-mère! » (p. 61)

    « Le temps de le dire, une nuée de policiers armés de bâtons, de casques, de fusils et accompagnés de chiens, se sont rués vers eux avec des airs de guerriers s'apprêtant à prendre d'assaut quelque forteresse. » (p. 113-114)

    « Par-dessus les murs, sont installés des fils de fer, hérissés de pointes piquantes, des rangées de barbelés menaçants et infranchissables, comme ceux dont s'entourent les maisons des riches, en Haïti. » (p. 118)

Référents culturels

  • Référents géographiques, historiques et culturels de la francophonie haïtienne, parmi lesquels la capitale Port-au-Prince; les rivières la Gosseline et la Mousseline; les leaders Jacques Dessalines et Toussaint Louverture; les grands dons, propriétaires de plantations; les autobus tap tap).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves de composer un paragraphe sur la traversée en mer et l’arrivée en Floride d’Alexis pour compléter la lettre destinée à Jérémie.
  • Inviter les élèves à faire une courte recherche sur les réfugiés de la mer.
  • Demander aux élèves de discuter de la démocratie et des droits de la personne en se basant sur le cas des parents d’Alexis.

Conseils d'utilisation

  • Présenter brièvement l’histoire et la géographie d’Haïti.
  • Expliquer l’utilité des camps de réfugiés comme celui dans lequel se retrouve Alexis.
  • Replacer certains référents dans leur contexte (p. ex., soldats faisant intrusion dans les demeures; passeurs abandonnant leurs passagers) afin de faciliter la lecture de l’œuvre.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Les voix humaines, Catherine Major.


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